Diégèse  mercredi 8 mars 2006


ce travail est commencé depuis 2259 jours et son auteur est en vie depuis 16712 jours (23 x 2089 jours)
2006

ce qui représente 13,5172% de la vie de l'auteur

hier  
L'atelier du texte demain




avant le texte
le texteaprès le texte
Les personnages partent. C'est inquiétant. Le protocole indique que la séquence, cette dixième séquence, doit encore durer trois jours, trois jours entiers et il n'était pas prévu que les personnages sortent maintenant, sortent dès maintenant. Mais ils partent. Ils ne voyagent pas, ils partent. Et le texte doit continuer sans eux. Et le texte doit continuer sans ces personnages. Ce départ est une séparation. Mais je peux sans doute les suivre. Mais ils peuvent sans doute être suivis. Il y a des paysages, il y a des scènes de ville, il y a le monde. C'est maintenant le téléviseur qui est allumé et c'est encore l'image qui, du téléviseur, grandit et devient une image projetée, entièrement projetée dans l'espace de la scène, de la scène quittée, de la scène vidée et cette image projetée comporte trois colonnes, ce sont trois images côte à côte, en colonnes, les unes à côté des autres. Ce sont trois colonnes et l'on voit, de dos, A., B., et C., marcher dans une rue. Chacun est seul. La rue est n'importe quelle rue de n'importe quelle ville. Ce n'est pas Venise. Ce n'est pas Budapest. Ce n'est pas Barcelone. C'est Paris ou n'importe quelle ville de France. Les trois personnages marchent et on les voit de dos. Il n'y a aucune autre indication narrative. Il n'y a aucune indication sur l'émotion qu'il s'agit de provoquer. Il n'y a pas de musique. Il y a les bruits de la ville, les bruits de n'importe quelle ville. On n'imagine pas combien de temps l'image en trois colonnes montre les personnages, de dos, marchant dans une ville. On n'imagine pas le temps que cela peut durer. Cela dure toujours plus longtemps que le temps que l'on peut imaginer que ça dure. C'est encore plus ennuyeux et agaçant que tout ce que l'on peut imaginer. Il faut toujours tout expliquer. Ce n'est pas du théâtre, ce n'est pas du cinéma, du cinéma cinématographe, du cinéma dans les salles de cinéma. Ce n'est pas un livre, ce n'est pas un roman, ce n'est pas un essai et ce n'est pas non plus un jeu, ce n'est pas dada, ce n'est pas l'oulipo, ce n'est pas et cela est. 
Dans la production artistique, dans le champ de la production artistique, de la création artistique, il n'y a que le champ étiqueté en France comme relevant des arts plastiques, qui offre la liberté suffisante, juste la liberté suffisante de créer, de créer des pièces qui peuvent ressembler à des films, de créer des performances qui ressemblent à du théâtre, de créer des sculptures qui ressemblent à des décors et de créer des textes qui ressemblent à des livrets, des livrets hypertextuels de performances sculptées et filmées.
Car le texte est une sculpture.
 




2005 2004 2003 2002 2001 2000




Dieu se joue de la politique. Quoi ? Seul ? Une envie de couleur. Je plisse encore les yeux doux. Le temps qu'il fait doit être comme le temps qui passe. J'ai joué la légèreté acide qui me cache le mieux.