Diégèse  dimanche 26 mars 2006


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2006

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Séquence 12


avant le texte
le texteaprès le texte
Elle arrive, elle est revenue, comme dans une chanson de Jacques Brel. Noëmie est blonde, comme ces présentatrices blondes de la télévision, comme les présentatrices de la télévision quand elles sont blondes. Son parcours sera peut-être celui de la sympathie, celui qui part de l'a priori négatif vers la sympathie, vers la figure du personnage sympathique. Noëmie est blonde et déjà la couleur de ces cheveux change. Cette couleur blonde change de teinte, change de nuance, change avant que Noëmie arrive, avant qu'elle vienne. La couleur de ces cheveux passe de ce blond agressif, ce blond de teinture à un blond doux, à un blond très doux et aussi très lumineux, un blond où l'on peut très facilement imaginer les cheveux blancs qui viendront un jour adoucir le blond encore davantage en le ternissant un peu, en lui donnant de la profondeur. Gustav contourne le canapé, car on se souvient bien que pendant toute la séquence, pendant toute la dernière séquence, Gustav se tenait derrière le canapé et l'on se souvient aussi que Mathieu était assis sur le canapé, sur la droite du canapé alors que Gustav se tenait derrière le canapé, au centre. Alors Gustav contourne le canapé et s'assoit sur le canapé, sur la gauche du canapé si bien que si l'on est face au canapé, Gustav est à droite et Mathieu à gauche et que le centre est vide, est laissé vide et que ce vide, ce vide central semble attendre ce qui doit arriver, ce qui doit logiquement arriver, semble attendre le troisième personnage, semble attendre Noëmie, puisque Noëmie est le troisième personnage. 
Si c'est un spectacle, on peut logiquement penser que le spectateur attend le troisième personnage, attend que Noëmie vienne, apparaisse et se présente elle aussi puisque les deux autres personnages sont apparus et se sont présentés, se sont presque présentés. Rien cependant dans la pause, dans la pause comme une image est sur pause, dans la pause de Mathieu et de Gustav, ne pourrait laisser supposer que les personnages présents, que les personnages déjà apparus attendent quelqu'un, attendent quelque chose.
Mais Noëmie apparaît. Noëmie semble accepter l'idée de spectacle puisqu'elle apparaît et qu'elle se met au centre, derrière le canapé et qu'elle se tient debout, au centre, derrière le canapé.

Donc Noëmie apparaît.


Noëmie : On peut logiquement penser que vous attendez le troisième personnage, que vous attendiez que je vienne, que j'apparaisse et que je me présente aussi puisque Mathieu, à ma droite et à votre gauche, et que Gustav, à ma gauche et à votre droite, se sont présentés, se sont presque présentés. Ils ne semblent pourtant pas m'attendre. Je suis d'accord. C'est un spectacle et j'accepte l'idée de ce spectacle. Je vais me présenter. Je m'appelle Noëmie. J'ai été formée pour être présentatrice à la télévision, à la télévision plutôt qu'à la radio, parce que je suis blonde et qu'être blonde à la radio n'a aucun intérêt particulier. Être blonde dans un texte n'a d'ailleurs aucun intérêt. Je ne suis pas ici présentatrice. J'exerce la profession de didascalienne. Je suis chargée des didascalies, quand il y a des didascalies. Je suis ce qu'est le choeur ou le choryphée dans la tragédie antique. Mais comme il ne s'agit pas d'une tragédie antique, et que personne ne sait s'il s'agit d'une tragédie, je joue aussi d'autres rôles. Des trois personnages, je suis celle qui assume le mieux la fonction de personnage, j'avance masquée. Prodeo larvatus.


Ensemble, Gustav et Mathieu : René Descartes, encore.
Deux choses, deux remarques, juste deux remarques.
La longueur du texte que le temps étal du dimanche ne suffit pas à expliquer.
La fermeté de la proposition qui désigne Noëmie, la didascalienne. Il faut donc relire ce qui s'est passé auparavant, dans les séquences précédentes, pour contrôler que Noëmie n'usurpe pas son rôle de didascalienne, que ça va bien, que ça marche.





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La mort des pauvres ne change pas le monde. Et la pensée n'est pas démiurge sauf à être folle. Une réconciliation. Tous ces mouvements m'agacent comme une imitation de vie. Et Venise restait grise dans la lumière affolée. Tu m'as montré le casino, me parlant de Wagner et de sa mort.