Diégèse  dimanche premier juin 2008


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2008

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La littérature
La photographie
Gustav
Mathieu
Noëmie
D.
Landivisiau. http://www.panoramio.com/photo/5198569 - Lanas -





Je n'aime pas les cadeaux. Je me souviens même d'en avoir refusé, d'en avoir laissé derrière moi, oubliés, comme ça, pour que les autres ne prennent pas des souvenirs, n'imposent pas des souvenirs, des attaches que l'on retrouve ensuite, quand c'est trop tard, quand il y a déjà de la poussière. C'est aussi pour cela que j'aime voyager seul. Personne ne vous fait de cadeau lorsque vous voyagez seul. Je vais dans les petites villes. Je baguenaude à l'écœurement, touché parfois par les vieilles photographies, un peu de pause vendue, les habits du dimanche, la raideur pour ne pas bouger et la mort dans les yeux en noir et blanc, l'oeilleton qui ne se referme pas. Je n'en ai ensuite aucun souvenir. Je n'aime pas les souvenirs, ce sont des guetteurs sombres.





Tu ne te souviens pas ? Je t'avais fait un cadeau. Tu n'aimes pas les cadeaux.






Moi je fabrique des souvenirs. J'en ai fait une profession. C'est une profession et une occupation aussi. J'agence entre eux les souvenirs et je m'aperçois qu'il y a d'infinies possibilités.




Pour moi les voyages sont des paysages. Ici, en Bretagne, je regarde la mer et l'ombre sur le ciel, oubliant ce début de larmes, et le jour qui change et le beau temps qui s'évanouit. Je ne suis plus si triste. Ensuite, j'expérimente qu'il y a en moi une certaine faculté de juger. Je regarde une silhouette et la silhouette disparaît peu à peu.


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Et ta silhouette disparaît peu à peu. Il y a donc d'infinies possibilités. Ces aliénations que l'on ne voulait pas, on n'en veut pas davantage une fois toilettées, maquillées, rajustées, reliftées, habillées, déshabillées, modernisées. Ensuite, j'expérimente qu'il y a en moi une certaine faculté de juger. Ce sont des guetteurs sombres. Je baguenaude à l'écoeurement, touché parfois par les vieilles photographies, un peu de pause vendue, les habits du dimanche, la raideur pour ne pas bouger et la mort dans les yeux en noir et blanc, l'oeilleton qui ne se referme pas. Regardant la mer et l'ombre sur le ciel, oubliant ce début de larmes, et le jour qui change et le beau temps qui s'évanouit. Je me souviens même d'en avoir refusé, d'en avoir laissé derrière moi, oubliés, comme ça, pour que les autres ne prennent pas des souvenirs, n'imposent pas des souvenirs, des attaches que l'on retrouve ensuite, quand c'est trop tard, quand il y a déjà de la poussière.