Diégèse  vendredi 17 avril 2009


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2009




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Mathieu
Il fallait que cela passe. Il aurait suffi d'un tremblement de terre, même d'un petit tremblement de terre pour que les médias m'oublient, oublient cette histoire qu'ils ne comprenaient pas. Il aurait suffi d'un scandale pour que mon histoire ne soit plus un scandale dans les médias. Ces jours-là, il ne se passait rien et tous les médias ne s'occupaient que de moi. C'est à ce moment que j'ai commencé à gagner une célébrité passagère. On me reconnaissait dans les rues. J'essuyais parfois des insultes, des quolibets, des rires, rarement un mouvement de sympathie. Je me suis expliqué. Rien n'y a fait. Rien ne peut changer le flot des approximations journalistiques calées dans un système de pensée qui ne comprend que la norme journalistique et publicitaire. J'essayais de continuer à parler comme si de rien était. C'était de plus en plus difficile.
Un jour un journaliste s'est énervé : "Vous pourriez arrêter. Vous me fatiguez. Nous ne sommes pas au théâtre. Nous ne sommes pas au cinéma. Il n'y a pas de public. Il n'y a rien à jouer. Je vous paye pour ne pas jouer. Vous pourriez donc arrêter cette plaisanterie, cette plaisanterie d'un public imaginaire face à un texte imaginaire, face à un jeu imaginaire, face à des personnages imaginaires. Face à l'imaginaire, vous pourriez arrêter." Je lui ai répondu qu'il me volait l'une de mes répliques et que d'ailleurs, il ne me payait pas alors que d'une certaine façon, je le payais aussi, je le faisais payer, avec mon histoire médiatisée. Cela n'a pas arrangé mon affaire.
 


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