Diégèse  lundi 26 janvier 2009


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2009




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Noëmie
Mais il n'y a rien de plus proche de l'amour que l'oubli. Il n'y a rien de plus proche de l'amour que l'absence, que l'absence de mémoire et l'absence de souvenirs après les souvenirs. On ne se souvient jamais de l'amour, on en cherche les traces, on en cherche les marques sur un paysage, sur une ville, sur une rue, sur le vent qui passe et sur la lumière dans une ville, dans une rue, un peu de lumière dans le vent qui passe. C'était le sens de notre promenade
En 2006, Mathieu a tenté un long monologue sur le passé, qui est plus abstrait encore que le souvenir et la mémoire, un objet indistinct et terriblement flou. Il disait ceci et je ne suis pas certaine que Gustav l'écoutait vraiment.
" Il était une fois le passé. Il était une fois, dans un monde, dans un certain monde, un temps, un certain temps, que l'on appelait le passé. Le passé était un temps commode, un temps accueillant, qui engrangeait, qui accumulait, qui acceptait tout ce qu'on voulait bien lui donner et qui accueillait aussi quantité de choses que l'on ne voulait pas lui donner et qui lui revenaient sans qu'on l'ait voulu, sans qu'on l'ait jamais voulu, qui revenaient au passé, qui lui revenaient nécessairement, sans qu'on l'ait vraiment voulu, sans qu'on le sache même. Certains tentaient de se défendre contre la gloutonnerie du passé, mais le passé les avalait, les digérait, ogre vorace, ogre universel, ogre impitoyable. Ils lui avaient pourtant tout cédé, tout jeté, des histoires et des histoires, des enfances, des amours et des tas de souvenirs, des souvenirs et des souvenirs, des lectures, des douleurs, de grandes joies et des peines, ils avaient tout jeté au passé, vers lui, pour lui, pour ne pas être engloutis par le passé, qui ne se contentait pourtant jamais de leur bimbeloterie et qui finissait toujours par les prendre eux aussi."
Mon passé peut être séparé de moi-même. Ce que je peux dire ne peut pas être séparé de moi-même. Y a-t-il rien qui puisse être dit séparé de moi-même ? Je dois pourtant continuer à parler de ce silence alors même que je ne peux plus, en aucun cas, me permettre ce silence embarrassé.
 



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