Diégèse  mardi 3 août 2010
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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Montaigne dit que les hommes vont béants aux choses futures."
(cité par Chateaubriand)


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Désormais l'été est associé aux vacances et les vacances à la consommation de l'été comme marchandise aux multiples produits dérivés. Il y a de nombreux produits d'appel : le soleil, la mer et le sexe. Est-ce qu'avant l'industrie des vacances, le sexe était aussi associé à l'été. Le printemps était associé à l'amour. L'automne à la vieillesse. L'hiver à la mort. Et l'été aux moissons et à la chaleur écrasante des sens. Sans doute y avait-il alors déjà du sexe dans l'été, non comme produit mais comme fatalité. "Aller béant aux choses futures" dit Montaigne cité par Barthes en 1979. L'adjectif "béant" recèle en lui seul toute la puissance de l'écriture et toute la puissance trouble de la vie. Cette béance est une vacance mais elle est aussi une blessure, de ces blessures douloureuses et qui sont parfois mortelles. Aller "béant aux choses futures", c'est aller vers la mort comme si l'on allait vers la vie, sans rien ignorer de la vie, sans rien ignorer de la mort, en écrivant cela.
Où es-tu maintenant alors que nous quittons la ville ? Et si je me souviens, te souviens-tu encore ? Quel arbre choisis-tu pour ton souvenir ? Quelle crête, quelle bribe de chanson ? Te souviens-tu de notre avenir qui s'ouvrait à la vie ?



2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Et ces histoires dirigent leurs amours, et ces histoires dirigent leurs colères. Les souvenirs des rêves disent parfois des vérités inattendues...
Pour l'instant, cela ne coûte rien, et jusqu'à présent, et encore.
Et je me souviens que toujours, même avant, quand j'étais le plus fortement attaché aux objets des sens... (Descartes)
... plus tard, plus loin, dans le flou de nouveaux paysages.