Diégèse  mercredi 4 août 2010
Le texte en continu

ce travail est commencé depuis 3869 jours et son auteur est en vie depuis 18322 jours (2 x 9161 jours)
2010

ce qui représente 21,1167% de la vie de l'auteur

hier
L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Toujours à propos des manuscrits que je reçois, c'est le cas d'un...
de quelqu'un, d'un garçon... qui se prénomme Jean...."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens qu'il y a au moins trois éléments qui marquent l'été, qui sont : le rêve, le rêve du rêve et le "jamais plus". L'élément central, le "rêve du rêve" agit formellement comme une solution possible au dépassement du "jamais plus". Si je peux diriger mon rêve, je peux alors retrouver à loisir, à la demande, ce que je laisse et ce que je laisse passer. Où se place l'écriture dans cette triade ? Elle est la partition qui permet le jeu de la triade même : ni souvenir, ni anamnèse, ni entièrement fantasme, elle s'installe dans un espace-temps où le jamais plus, le rêve et le rêve du rêve ne sont pas en opposition formelle. C'est aussi en cela que l'écriture est directement branchée sur l'inconscient.
"Un garçon qui se prénomme Jean". Les biographes de Barthes savent certainement de qui il s'agit et quel est le manuscrit envoyé par Jean qui retient l'attention littéraire du Maître. Peu m'importe. Ce que je retiens, c'est la gêne timide dans la voix de Barthes, dès lors qu'il utilise pour le cours un événement de sa vie, un "fait divers". L'hésitation de la nomination "d'un... de quelqu'un... d'un garçon" qui, sur l'axe paradigmatique de cette nomination, dans ce contexte du cours, s'oppose à "auteur", à "écrivain" ou à "étudiant", semble trahir un trouble que l'on pourrait croire le trouble du désir. Barthes raconte qu'interrogé sur l'avenir de son écriture et s'il comptait "écrire", celui-ci aurait répondu que non. Je peux imaginer, mais il s'agit de mon fantasme, que pour Barthes un "garçon" qui écrit un roman qui l'intéresse littérairement mais qui n'a pas l'intention de poursuivre le travail d'écriture pour faire œuvre, celui-là est paré de toutes les grâces et provoque chez lui de l'affolement. C'est cet affolement qui transparaît dans la difficulté qu'il éprouve à nommer... ce garçon.
Où es-tu maintenant ? Je ne le savais alors pas. Je ne le sais pas. Je te pare de l'altérité absolue et je regarde l'arbre et je regarde la sortie de la ville tout à mon désir qui dessine ce paysage.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Parfois je me prends à rêver que je vais te rencontrer dans mon rêve. Je lie l'angoisse et le temps qui passe et cela fournit les craintes.

Il ne se passe rien et les journaux évoquent les conséquences du vide.

... aucune maison n'avait su me renseigner sur tes passions. Je me rappelle les virages pour descendre et la mer qui n'en finissait pas d'être la mer... La journée s'est ensuite passée en adieux discrets, à cette roche, à cet arbre, au pan de mur blanc, au tournant du chemin, au temps qui passe...