Diégèse  samedi 7 août 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Fantasmer une sorte de moment où l'on n'écrirait plus,
où enfin on se reposerait, moins d'écrire que de la perpétuelle
remise en mouvement du désir."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
"Faire durer le temps". C'est ce qu'avouent les personnages. C'est aussi ce que font les souvenirs, ce à quoi ils jouent sans jamais y parvenir complètement. Si les souvenirs pouvaient parfaitement faire durer le temps, nous n'aurions que des souvenirs agréables, parfaitement agréables. Mais nous nous souvenons aussi de moments de temps qui n'ont rien d'agréables et faire durer le temps pourrait tout aussi bien conduire à leur oubli. C'est sans doute ce qui arrive à Gustav, le personnage principal de 2006 et de 2008 et s'il fallait que je reprenne la course de ces personnages une autre année, ce serait cela même que j'approfondirais.
Écrire n'est pas toujours cette "perpétuelle remise en mouvement du désir" qu'évoque Barthes. C'est en tout cas une perpétuelle remise en mouvement du temps. L'expression commune "arrêter le temps", qui renvoie à une posture romantique enseignée à l'école avec "Le Lac" de Lamartine,et qui de cette posture littéraire déteint vers l'acte d'écrire, cette expression pourtant ne peut s'appliquer à l'écriture. En écrivant, je n'arrête pas le temps, je peux le "faire durer" et dans tous les cas, je lui interdis toute pause. Je brasse le temps, je le pétris, je le manipule, j'écris.
Le paysage paraît immobile mais je suis plus immobile que le paysage. Le paysage demeure dans ses changements imperceptibles, dans ses changements quand j'abolis en moi tout mouvement de peur de te perdre encore.


2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
... substituer des souvenirs présents à des souvenirs absents... Nous faisons durer le temps...
... mais je sais bien aussi que le texte n'avance pas, qu'il n'est pas fait pour avancer...


... le temps moins ramassé sur lui même, prêt à bondir maintenant, la mort. ... le soleil qui brunit, dessèche, n'apprend plus rien au corps que la sécheresse à venir, le décharnement. Tout va s'organiser autour de la prévision, de la télécommande, des préparatifs, les préliminaires sans la jouissance.