Diégèse  mardi 17 août 2010
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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Ce n'est pas une subjectivité de caractère, c'est une subjectivité d'écrivant."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que tu es un personnage de fiction. Mais je suis un personnage de fiction aussi. je ne reprendrai pas la facilité de l'usage de la troisième personne du singulier : je est un personnage de fiction. Il y a en effet un moi qui est un personnage, c'est celui du dialogue intérieur et plus généralement le "je" de la conversation. Dès que je dis "je", je mens car je raconte et si je raconte, je choisis et si je choisis, je mens... un peu... beaucoup. Il n'y a donc aucune possibilité d'échapper à la fiction.
C'est beaucoup plus complexe pour le "tu". Si le lecteur, sans dommage, peut assimiler le "je" du texte à l'auteur par facilité ou par paresse, il y a peu de chance qu'il s'assimile au "tu" qui; le plus souvent, est "l'être aimé". Ce serait une posture de lecture paranoïaque que de penser que tout "tu" dans un texte s'adresse spécifiquement à soi, comme une lettre adressée et reçue. Et pourtant...
"Ce n'est pas une subjectivité de caractère, c'est une subjectivité d'écrivant." dit Barthes. Éloignée de son contexte, il est possible, il est même possible que dans cette phrase, Barthes joue avec le faux ami "character" qui n'est pas un "caractère" mais un personnage. On trouve cependant en français la trace de l'origine commune des deux mots, surtout dans la langue populaire. Ainsi peut-on dire, plutôt que "il a un sacré caractère", "c'est un sacré caractère" et alors, le sens du mot "caractère" se rapproche bien de celui de "personnage".
C'est donc une subjectivité d'écrivant qui s'opposerait à la subjectivité de caractère qui est aussi la subjectivité du personnage, c'est à dire du "moi" en tant qu'il est passif et non pas sujet. Car seul l'écrivant est sujet, pleinement, dans son mensonge de caractère.
Me reviennent et viennent quelques poèmes avec le vent, quelques chansons avec le vent , qui vient, qui emporte, qui va, métaphore infinie qui dans cet infini de la métaphore s'incarne en la vie même.
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Et j'écrirais sur toi. Et je t'écrirais. Nous ne sommes jamais notre propre fin.
Je crois me souvenir de cela, de la froideur qui s'installe entre les personnages, de la distance plus grande encore, de la distance plus "lointaine" qui prend toute la place du texte. Il y a parfois, il y a souvent, juxtaposition de mauvaises nouvelles, juxtaposition de catastrophes, et la tristesse et le malheur. Je ne sais rien non plus de ce qui est inné en moi ou de qui a été déposé par le temps qui a passé et qui passe encore, avec ses propres lenteurs et parfois ses fulgurances, ce qui se retient et ce qui s'oublie, ce qui s'attache à moi et se détache brusquement pour tenter de constituer une pensée une, unifiée dans le temps en une personne qui serait moi, chose pensante, parfois.


Je sais que je n'ai rien d'autre à dire que ton méchant amour qui me manque...