Diégèse mercredi 7 avril 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 17 férvier 1979
"Est-ce que ça existe dans les langues une absence de temps ? Oui : l'infinitif."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens qu'il fallait parfois sortir la nuit et rejoindre la foule du jour, qui devenait alors une autre foule, une foule de nuit, piétinant comme une foule de jour mais une foule qui était aussi un marché des désirs, une foire à histoires qui commençait avec un peu d'alcool et qui finissait ensuite dans une traversée de Paris, un appartement inconnu et puis des corps silencieux, gémissant parfois, mais en silence.
Est-ce que Barthes a raison ? Est-ce que l'infinitif est bien une absence de temps ? Je me figure alors le verbe à l'infinitif comme étant le verbe disponible, bien rangé sur son étagère de verbes, avec les autres verbes, prêt à être manipulé, modifié, grimé par la panoplie de temps et de modes que je peux et que je dois lui appliquer. Est-il pour autant, ce verbe, dans sa nudité d'infinitif, dénué de tout temps ? Il prend le temps des verbes qui l'accompagnent dans la phrase, il suit leur temps, il ne le contredit en rien il accepte juste parfois leur antériorité que lui apporte un auxiliaire, cet assistant que dans l'armée on appellerait "une ordonnance"... Le verbe à l'infinitif, c'est, aurait pu dire Barthes, la forme neutre du verbe, qui est à la fois délicatesse et discrétion.
Ton bras prend la forme de mes épaules, ta main la forme de ma joue et tes yeux se souviennent de mes lèvres et mes yeux se souviennent de tes lèvres, et nos langues abasourdies dans la lutte. Mais le jour te reprend.



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Rien ne dit vraiment ce qui pourra leur manquer.
... une liberté où les mots prennent peu à peu la place du sommeil, avec difficulté cependant, avec lenteur. Rien, à peine, comme la lumière, comme le jour qui vient, comme le soleil qui vient dans le jour, une brillance, la lumière du jour qui renverra le soleil, qui le renverra dans le jour, qui partira dans le sommeil, la nuit.

Je suis revenu avec ce manque imbécile... Dans les derniers instants de nuit.