Diégèse  vendredi 9 avril 2010 Le texte en continu

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L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 10 février 1979
"Ce qui fait souffrir dans le langage, c'est finalement, probablement, profondément, l'idéologie."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que l'écriture masque par l'évocation du passé une méditation continue sur ce que pourrait être le présent. La linguistique de l'énonciation enseigne que l'on atteint jamais le présent que lorsque le verbe se fait performatif, quand "dire, c'est faire". Cette écriture, ici, est performative. Je "fais Diégèse" et quand je le fais, je l'écris et je ne fais rien d'autre, même pas un texte. Si, avec Barthes, "ce qui fait souffrir dans le langage, c'est l'idéologie", alors, ce qui fait souffrir dans l'écriture, c'est la littérature. C'est ce qui, douloureusement, tente de placer l'acte spécifiquement individuel qu'est l'écriture dans une pratique collective, anthropologique car culturelle, que l'on nomme littérature. Avec la littérature vient ensuite l'idée de livre qui n'est rien d'autre que l'idée même de cesser d'écrire, l'idée de la fin. Au flux du souvenir, j'instille le manque. Au flux du souvenir de toi, je m'assaille du manque et de mon désir. Au flux du souvenir, j'imagine.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
J'ai été jugé, j'ai subi les jugements.
Ce sont les images qui ont déjà été évoquées, qui ont déjà été vues...

...penser d'autres villes comme le temps s'étiole. ...déjà effacé par le temps... Il faudrait que je pleure pour accepter ta trahison définitive. Il faudrait que je joue à ne plus me rappeler ton visage et à ne plus te reconnaître cent fois par jour dans les pas du couloir, dans les nuques et les démarches, dans le grain des peaux que je ne caresse pas et qui étiolent mon regard et mon désir à jamais enfouis.