Diégèse  lundi 12 avril 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 24 février 1979
"Le haïku c'est quelque chose qui se retient de basculer
ou qui est en train de basculer dans le rien du dire."


Ce que je retiens... (des années précédentes)...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait......puis ce que j'écris.
C'est sans doute le printemps qui fait affleurer le fantasme dans ces textes du désir. Car il s'agit bien d'un fantasme, ces lèvres charnues, ce désir de chair. Il s'agit de ce scénario qui met "je" en scène et peu importe que la scène fantasmée, située dans le passé, ait "vraiment" eu lieu car, depuis le passé, elle n'est pas moins un fantasme que la scène jumelle qui n'a jamais eu lieu, tout aussi fantasmée. Ainsi, l'écriture est écriture de fantasme et c'est pour cela que poussée à son paroxysme, elle ne peut devenir que pornographique. Si elle est sincère, bien sûr.
"Le rien du dire"... voilà bien le souci de l'écriture... car si ce que je dis, parfois devient, par la magie du verbe performatif, ce que je fais, ce que j'écris, désespérément, ne devient jamais ce que je fais. Et pourtant, l'écriture dure, s'opposant à la nonchalance éphémère du "rien du dire" qui cependant déploie le présent quand l'écriture le replie sans cesse.
J'ai pourtant vu ton corps mais, sans image, je ne garde que la sensation douce de la douceur, la sensation abrupte de tes lèvres et ton corps tout entier morcelé par mes caresses.


2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Elle me disait qu'il fallait déployer le présent. Je fais toujours ce texte,
... le mot lèvre est charnu et le désir de lèvres est un désir de chair. Que faire pour lever le voile de temps inconnus, de temps qui viennent, de temps qui sont venus là, comme tous les temps venus là, sans jamais demander la permission, sans même s'annoncer, sans même annoncer que les temps venus là ne demanderont pas la permission, ne s'annonceront pas, n'annonceront rien ? ... elles me donnent à voir si peu de réalité que je ne peux même pas distinguer ce peu-là d'une absence de chose. (Descartes) La mer couverte d'algues brunes se rend désormais. C'est le temps du printemps et que le souvenir revienne, désosse le souvenir même dans une marche vive, une danse, presqu'immense, comme les titans. Mais le souvenir de toi me fait encore pleurer. Je voulais embrasser tes lèvres mais je ne me souvenais pas de ta bouche.