Diégèse  vendredi 16 avril 2010
Le texte en continu


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Roland Barthes - Collège de France - séance du 24 février 1979
"Il y a un haïku qui dit : rien d'autre aujourd'hui que d'aller dans le printemps,
rien de plus ;
rien d'autre aujourd'hui que d'aller dans le printemps, rien de plus."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens qu'il y a le temps qui passe et qu'il y a les saisons qui passent et que les saisons sont toujours incertaines. Au printemps, il y a des jours de printemps et il y a d'autres jours qui ne disent pas leur saison. Ainsi, au printemps, ce n'est pas toujours le printemps et les mots des jours de printemps ne disent parfois rien du printemps.
Si ce qui dans la tradition littéraire en français, ce qui s'approche le plus du haïku, c'est la notation de l'instant, est-ce alors la notation de "ce qui est" ou la notation de  "ce qui a été". Sans doute les deux. Ici, ce haïku : "rien d'autre aujourd'hui que d'aller dans le printemps" peut tout aussi bien ressembler à la notation d'un soir, déjà rétrospective, comme à celle d'un matin, prospective et programmatique. Ce haïku reste donc dans un instant temporellement indéterminé et ne devient l'emblème que de "la saison", déterminée sur un calendrier, déterminée socialement mais toujours, dans l'intimité, subtile et incertaine.
Ma main serrée sur ta main et la tienne, écho de ma main. Et ma main, mesure de ton cou quand ta main dessine mes lèvres.


2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
J'aurais pu faire appel à tous mes mots, à tous les mots... Il n'y a certes pas que les textes.
Il faut continuer de laisser faire. ... l'effritement de l'âme dans le temps et les mots jouent avec la musique et la musique peut recoller le temps effrité dans les lieux, effritée dans les époques, effritée dans la vie, l'âme qui se rabote, qui se patine, qui s'endurcit, qui joue avec la musique, avec les mots, avec les lieux de la vie.


... des mots et des bruits, des murmures à gémir le soir...