Diégèse  dimanche 12 décembre 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 12 janvier 1980
"Finalement, ce qui fonde l'œuvre, c'est, on pourrait dire, un mouvement mystique."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens des années précédentes que le but de toute promenade, et singulièrement de toute promenade d'écriture, c'est me souvenir. Je fabrique le passage qui, de ce temps, me porte vers ce temps de ton corps refusé, même dans l'abandon soudain.
Si, avec Barthes, "ce qui fonde l'œuvre est un mouvement mystique", c'est donc qu'il s'agit d'un mouvement amoureux. Toute œuvre tend à créer puis à rejoindre un amour aussi proche mais inaccessible que peut l'être le concept d'éternité.
Ce soir quand ma main, de ta main à ton dos, prend le parti de nos lèvres rejointes.









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Je peux ainsi me souvenir d'un rendez-vous, d'un trajet, d'une correspondance mais je ne me souviendrai pas, mais je ne me souviendrai jamais, jamais plus, de la forme si particulièrement ourlée de tes lèvres. Je me promène encore, mais je vais trop lentement, enfermée dans la lenteur et avec une envie froide de prendre le froid avec moi.
... c'est peut-être que le désir ne peut pas être enfermé.
Personne ne m'a rien demandé.
... j'oublie tous les voyages pour rappeler à moi un peu de tes yeux, un peu de ton oubli, qui m'endort, qui me déprend. Mais je n'en ferai rien, parti hébété vers l'immobilité de ton amour. Je suis pris entièrement par les pouvoirs des corps, au risque d'arrêter le temps et de manquer tous les horaires.