Diégèse  dimanche 19 décembre 2010
Le texte en continu

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2010




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L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 19 janvier 1980
"Imposer au monde qu'on est un original, en vertu de quoi,
le rôle étant reconnu et classé, le monde vous laissera en paix,
et abandonnera la demande."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que je suis certainement condamné à écrire jusqu'à la mort. C'est pour cela que j'ai choisi une forme qui ne s'épuise pas et dont rien ne vient programmer la fin. D'ailleurs, la fin d'un texte, c'est le plus difficile à écrire car cela suppose d'emblée une dramatisation proche du ridicule. Un texte sans fin, voilà un texte qui échappe au procédé facile de l'empathie avec un lecteur potentiel qui, dans le meilleur des cas, lira autre chose que ce qu'on a écrit.
"Imposer au monde qu'on est un original" pour pouvoir écrire tranquillement, quand écrire, dans le couloir écrire, c'est d'emblée être classé comme un original. C'est ce qui faisait dire à Marguerite Duras qu'il y a beaucoup de gens qui ont écrit beaucoup de livres mais qui n'ont jamais écrit. Sans doute parce qu'ils ont inversé l'ordre de la proposition. Voulant être "originaux" ou voulant signaler plus clairement qu'ils l'étaient, ils ont choisi d'écrire ou de s'essayer à l'écriture et cela donne une part importante de la production éditoriale, de circonstance et publicitaire. Donc, celui qui écrit est un être banal, sans aspérité particulière, assez commun qui, pour qu'on le laisse écrire se trouve dans l'obligation, parfois, de jouer à l'original. Mais cela n'a rien à voir avec l'écriture.
Ce soir avec douceur abouter les désirs déchirés.
Ce soir je garde tes lignes entre mes doigts filées



2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Je serai toujours cet enfant, puis cet adolescent, puis cet adulte qui attendait. Tant de fatigues fatiguées pour une disparition programmée.
Il n'y aura pas d'applaudissements. On pourrait presque chanter des chansons.

La pluie me fait regarder la mer...
Dans la nuit presque achevée, je rentre avec douceur dans le coton de la fatigue alcoolisée.