Diégèse  mardi 2 février 2010 Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 16 décembre 1978
"Je prends le risque d'annoncer le roman que je veux faire parce que je considère,
à tort ou à raison, mais je le considère sincèrement, que je n'ai plus rien à perdre
."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens la fuite, je retiens l'esquive, je retiens ces mouvements furtifs de la mémoire avec l'oubli qui sont le cœur vivant de la remémoration amoureuse, de cette anamnèse joueuse et décevante. Je crois que je ne retiens rien. Aujourd'hui, je ne retiendrai rien. Je n'ai rien lu, ni vu ou entendu, ou alors j'ai oublié ce que j'ai lu, ce que j'ai vu ou entendu, si ce n'est la voix de ce garçon qui, hier, au téléphone, juste quand je le croisais, disais "je t'aime", énamouré, le visage éclairé par cette déclaration révélée et surprise par ce passant indiscret. Nous sommes ensemble dans une voiture. Je conduis. Je regarde ce que la conduite de la voiture me laisse de paysage. Je complète le paysage qui manque par la musique. Je crois que j'entrevois alors, alors seulement, ce que peut être l'amour, qui serait la joie, qui serait l'envers du manque, qui serait l'antidote du temps. Je l'entrevois soudainement, cet amour attendu, cet amour de toute la littérature. Et tu es là. Nous regardons le même paysage. Tu écoutes sans doute la même musique. Je pourrais te toucher. Puis le temps est reparti.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
... je ne voulais fabriquer aucun souvenir. Il regarde les yeux fermés.





Je te reconnais là, dans cette façon que tu as de jouer avec ma mémoire.