Diégèse  jeudi 11 février 2010 Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 16 décembre 1978
"Passer du fragment au non-fragment, c'est ça le problème,
c'est à dire, dans mon cas, changer mon rapport à l'écriture,
c'est à dire à l'énonciation
,
c'est à dire encore changer le sujet que je suis."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens des années précédentes que, s'il s'agit, avec Barthes, d'"écrire un roman", comme un fantasme filé, ce serait le fantasme d'écrire "un roman d'amour" et que ce roman d'amour, mon roman d'amour est bien frappé d'impossibilité puisque le roman et l'amour sont frappés tout autant d'impossibilité par la fragmentation du sujet que je suis, et, toujours selon Barthes, par mon rapport, ainsi, à la castration. Et pourtant la tentation du roman, qui est aussi une tentative, parvient à émerger, parfois et laisse au texte quotidiennement ajouté les scories d'une forme romanesque, qui n'est pas un roman, et qui ne sera sans doute pas un roman, forme usée, comme le disait Claude Simon. "Choisir est plus facile qu'inventer."
Barthes suscite ainsi une opposition entre "choisir" et "inventer" qui, dans le processus de l'écriture en train de se faire ne me semble pas complètement opératoire. Dans l'acte de noter, avant d'inventer, c'est choisir que je fais. Je choisis le support de la notation avant d'en inventer la forme.
Pourtant, très vite, si "ça marche", quand "ça marche", et c'est toujours indécidable, l'opposition posée et supposée peut redevenir pertinente, devient pertinente car c'est la nécessité (intime) de ce que j'écris qui devient et redevient première, cette même nécessité évoquée par le même Barthes dans "la préparation du roman."
Quels sont les mots et quelles sont les phrases avec lesquels je tisserais cet instant sur le trame des jours ? Quels sont les mots et quelles sont les phrases avec lesquels je tisserais cet instant qui est le seul instant de l’amour et que je tisserais avec d’autres instants, qui deviendraient ensemble des moments, qui deviendraient ensemble l’histoire de cet amour, qui deviendraient le roman de cet amour ? Ce sont ces mots. Ce sont ces phrases. C’est ce roman.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Il n'y a jamais eu aucun amour. C'est l'enfance et l'impossibilité de l'enfance.


... mais il est absolument impossible, quand je vois, ou (ce que je ne distingue plus) quand je pense voir, que moi-même, qui pense, je ne sois pas quelque chose.

Je n'étais sans doute pas malheureux, tu ne me disais rien encore, le soir, pour me rappeler que l'amour est impossible et je le savais bien assez sans toi.