Diégèse  jeudi 18 février 2010 Le texte en continu

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L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 6 janvier 1979
"Dans la poésie, la forme, et la forme seule, fait toucher la vérité.
Il y a un pouvoir tactile de la forme.
On touche le mot, on touche le vers, on touche le tercet,
et c'est comme si on touchait la vérité
." (à propos du haïku)

Anne Sauvagnargues sur France Culture -
Les Nouveaux chemins de la connaissance du 4 décembre 2009.
A propos de l'image chez Deleuze :
"Cette image subjective n'est rien d'autre qu'un pli, entre les images,
elle est une image qui écarte l'action reçue, l'action exécutée
et qui entre l'action reçue et l'action exécutée,
intercale un petit peu de perception,
un petit peu d'action et entre les deux,
l'arc sensible d'une affection."


Ce que je retiens... (des années précédentes)...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait......puis ce que j'écris.
Je retiens la tension entre l'amour comme notion et l'amour ressenti, comme on distingue, du temps qu'il fait, la température mesurée, qui, à chaque instant, apparaît comme fixée, et la température ressentie qui dépend du mouvement du corps, des affects, de la "situation" du corps et qui est donc une fluidité. L'amour notion est un point fixe, irradiant. L'amour ressenti est une notion et dépend tout autant du temps qu'il fait que du temps qu'il faisait, diffère du soir au matin et du matin au soir, dans le sentiment douloureux d'un toujours "trop tard".
Ainsi, si j'écoute bien Barthes et ce qu'Anne Sauvagnargues dit de Deleuze, qu'il s'agisse de poésie ou d'image, il s'agirait, par le "pli", par la musique des jours de Proust, par le travail de la forme, d'atteindre sinon la vérité, pour le moins une part de vérité, qui n'est donc pas seulement de l'ordre de l'esthétique mais bien de l'ordre ontologique. Car, avec Descartes, je peux légitimement supposer que tu es toi aussi une chose qui pense, qui affirme, qui doute, qui nie...  mais je suis, à jamais, séparé de toute certitude à ton endroit si ce n'est la certitude intime de ce pli de cet "arc sensible d'une affection".
Et puis dans cet arrêt du poème, de ce poème continu, le silence plisse et déplisse à l'infini la moire du temps.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Et quand je ne sens plus rien, je retourne en Italie et en quelques secondes, et pour quelques minutes, jamais davantage, je marche au bord du lac de Côme, me répétant dans toutes les langues que je devine, que la vue est belle, que cet endroit est beau. Ils sont dans l'Italie du trop tard.
Je ne pourrai jamais arrêter le monde. Dans le laboratoire où elle est déposée, la momie italienne vieille de plus de cinq mille trois cents ans semble avoir encore un geste de crainte et de protection. Et je peux légitimement supposer que tu es toi aussi une chose qui pense, qui affirme, qui doute, qui nie, qui se perd en moi comme je me perds en toi.
... et il y aurait encore ces jours de travail et de pluie et tous ces mots échangés. Toi, tu n'as jamais voulu croire les mêmes mots que moi, en même temps que moi, avec moi. Dans le sommeil du matin, vaincu par le soleil qui se levait, les décharges d'adrénaline, angoissées, se succédaient rapidement.