Diégèse  dimanche 21 février 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France -
séance du 16 décembre 1978
"Je vais faire comme si j'allais faire un roman."

Marguerite Duras et trois lycéennes à propos de l'écriture - 3 septembre 1984 - ina.fr
"Il n'y a pas de sujet, vous savez. Ça n'existe pas.
J'ai découvert ça ces temps-ci, la façon de le dire.
Le véritable sujet du livre, c'est l'écriture.
Le facteur de transformation absolu, c'est l'écriture.
Enfin, absolu, je veux dire, le plus violent qui soit.
C'est donc l'écriture que vous lisez. "


Ce que je retiens... (des années précédentes)...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait......puis ce que j'écris.
Je retiens que je ne donne pas la parole au protagoniste amoureux du poème. Je retiens que tu ne parles pas. Je donne toute la place au silence, échafaudant une fiction silencieuse, une fiction amoureuse silencieuse. Et pourtant, tu devais bien parler, je crois, tu devais bien parler aussi comme je devais bien parler aussi et parfois même nous nous parlions... Je ne retiens que le silence.
Interrogée par Bernard Pivot en 1984 pour la sortie de L'Amant, Marguerite Duras déclare qu'il y a des écrivains qui n'ont jamais écrit, qui n'ont jamais su ce qu'était l'écriture. Elle cite Sartre. Elle cite Sartre plusieurs fois, avec insistance. Elle dit aussi que derrière l'écriture, il y a toujours une vengeance, un procès. Je retiens que Barthes et Duras, figures tutélaires de l'écriture, de cette écriture écrivante qui vaut pour elle-même, qui est sans sujet, toute tournée vers le sujet, ce sujet fragmenté ou ce sujet romanesque, je retiens donc que Barthes et Duras disent précisément la même chose, parlent de la même chose, évoquent le même lieu de l'écriture.
Et je pourrais t'entendre. Je pourrais t'entendre mais je ne connais plus ta voix. Je ne connais plus le grain de ta voix. Je ne connais plus l'âpreté de ta voix ni la douceur de ta voix et je ne sais plus quels étaient ses mots, parfois qui me caressaient.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Et qu'est-ce que le temps depuis que la fiction se cale sur le temps qui passe ? ... l'échafaudage incertain de nos conversations.
Le texte évite son corps et évite de lui donner la parole.



... alors je remarque que les mots ne disent plus rien non plus. On ne sait rien faire contre les amours perdues qui renaissent du temps qui passent.