Diégèse  mardi 23 février 2010
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Roland Barthes - Collège de France - séance du 6 janvier 1979
"Pour moi le fait de dire "je" est un acte méthodique."

"Si on n'était pas solidement appuyés sur cette certitude
qu'ça finira, est-ce que vous pourriez supporter cette histoire ?
Néanmoins ce n'est qu'un acte de foi. Le comble du comble, c'est que vous n'en êtes pas sûrs."

Lacan - Conférence de Louvain 13 octobre 1972 -

Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens qu'il faut partir, qu'il faut quitter, qu'il faut tout quitter et quitter tout le monde et je retiens aussi que la difficulté, que la difficulté permanente, est de pouvoir partir sans pour cela recommencer à produire des souvenirs, partir sans pour autant recommencer à se rappeler, sans pour autant croire encore aux solitudes entrecroisées.
Pour m'amuser, pour m'amuser un peu, je remarque, je remarque plus que je ne retiens, je remarque donc la rupture de construction dans la citation de Lacan qui est donnée ici. Comment comprendre en effet que Lacan commence sa phrase en utilisant le pronom "on" et la continue en utilisant le pronom "vous". Chacun peut laisser libre cours au fantasme qui conduirait à donner une interprétation qui serait elle même un fantasme. C'est sans doute qu'il s'agit d'une harangue et que c'est une des caractéristiques de la harangue que de passer ainsi, rapidement et presque subrepticement, du "nous" au "vous", du "je" au "vous" et de faire passer ainsi le glaive du langage entre celui qui parle, sujet langagier et ceux qui écoutent, qui entendent, qui sont déjà perdus pour une interlocution impossible, qui sont déjà perdus et à jamais perdus comme sujets.
Et je guetterais, je guetterais ce battement, je guetterais le silence entre les coups, je m'attacherais au silence, je m'attacherais à ce silence, je m'y attacherais.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Je pense à toi parfois et ton souvenir est immobile. Juste un peu de neige, l'hiver.
... comme si cette possibilité-là était épuisée, comme si cela n'existait plus... Les pas, tous les pas, effacent un à un la neige, toute la neige. C'était la terre, le ciel, les astres et toutes les autres choses que j'appréhendais par le moyen des sens.
Je reste toute la journée dans cette mauvaise chambre. ... ces solitudes entrecroisées... ... il ne faut rien croire du soleil jeune...