Diégèse  jeudi 14 janvier 2010 Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 2 décembre 1978
"Il y a très peu de gens, probablement, qui sont en proie au vouloir-écrire,
je ne sais pas, peut-être il y en a plus qu'on ne croie, je ne sais pas du tout,
je ne peux pas le savoir."

Christian Boltanski pour Artnet.com
"Je ne suis absolument pas curieux.
Je voyage énormément pour mon activité, je ne regarde jamais rien."

Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens la pause, je retiens l'arrêt, je retiens le manque et l'arrêt sur le manque et la pause du souvenir, la pause qui prend le temps de mesurer la frustration de n'écrire que cela, qui est peu, qui est trop peu pour tenter de transmettre ce qui doit être transmis, l'amour. Je retiens ces quelques mots de Christian Boltanski qui font pour moi écho au vouloir-écrire que Roland Barthes essaie de décrire. Ainsi, l'artiste, qu'il soit écrivain, plasticien, chorégraphe... n'est-il pas un observateur particulièrement attentif du monde, de cette observation qui rend compte, qui commente. Il peut observer, il peut même noter ce qu'il observe mais le mouvement qui lui fait noter, qui lui fait transcrire n'est pas le souci ni même le goût d'observer, de regarder, mais autre chose, qui est plus mystérieux et qui relève justement du vouloir-écrire. Je peux aller jusqu'à Saturne et si c'est trop loin m'arrêter en chemin, ailleurs, regarder un clair de terre et le regarder froidement, sans mettre dans ce moment du regard de la terre vue de loin, vue de très loin autre chose qu'une forme, autre chose que des formes, qui bougent, qui se déplacent, qui font tout cela dans l'ordre apparent de l'univers, sans sentiment, sans souvenir, sans mémoire de l'avoir jamais fait. Après avoir contemplé sans souvenir aucun le clair de terre, revenir au récit, revenir vers toi, réessayer, reprendre et repartir vers Saturne si, encore, le sentiment résiste, le sentiment parasite.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000



Notre petite lune de terre regarde depuis si longtemps nos amours de terriens, croissant, décroissant, qu'elle s'efface et puis revient. ...en sorte que, de cette manière, il reste enfin, délimité avec précision, cela seulement qui est certain et inébranlé. Je relis les pauvres lignes du texte, un peu de frustration.