Diégèse  mercredi 27 janvier 2010 Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 9 décembre 1978
"Je dirai qu'une société, sans doute, peut se définir par la (régi) rigidité de son code fantasmatique."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens le soir, et avec le soir la fatigue, et avec la fatigue, la fatigue encore, et avec le soir et la fatigue, le rêve, ce rêve "qui n'est rien d'autre que penser" dit Descartes. Je retiens le soir, la fatigue et le rêve et ce fantasme, ce fantasme codifié mais libre de pleurer d'amour comme dans une chanson de Barbara... vous en souvenez-vous... Je retiens de la citation de Barthes d'aujourd'hui... le lapsus. "régi..dité". Barthes se reprend mais le lapsus est bien là et "régidité", qui porte un signifiant morphologiquement possible, peut s'adosser à un signifié qui serait justement fantasmatique. C'est ce signifiant que je donnerai au lapsus de Barthes aujourd'hui. Dans "régidité", il y aurait donc le "roi" et la "règle". Si notre société peut, avec Barthes, se définir par la (régi) rigidité de son code fantasmatique, je n'ose donc penser ce matin à ce qu'est la société française de 2010. Son code fantasmatique est plus codifié et plus rigide qu'en 1978, et cela par la place plus lourde, plus grave, plus insistante qu'ont pris les médias et la "communication" dans leur volonté de vendre plus. Codifier les fantasmes en les mettant en scène sous la forme de scènes médiatisées, jouées par des prescripteurs appelés "people", est l'une des manifestations de ce programme de codification. Il fonctionne malheureusement très bien, surtout sur ceux qui sont le plus démunis d'outils de construction et de structuration de la pensée. Cette entreprise de codification doit donc aussi se prémunir de toute possibilité de "conscientisation" du peuple et promouvoir pour cela une école qui ne ferait qu'apprendre à lire... des slogans et des publicités (surtout pas la Princesse de Clèves), et bien sûr à compter. Cette codification a atteint le monde politique qui en est le jouet. Le Président de la République est ainsi passé hier dans l'émission "le Grand Frère" de TF1. Mais je me trompe peut-être d'émission. Je te regarde et tu me regardes aussi. Je ne sais pas qui tu vois. Je ne sais pas si l'ombre est aussi sur mon visage, avec la lumière, avec le mouvement de la lumière et avec le mouvement de l'ombre. Tu me regardes. Je baisse les yeux et je n'ai plus de visage, je n'ai plus de regard et je ne sais pas si j'ai encore un cou, des épaules, un buste. Tu me regardes mais c'est que je n'existe pas. Je n'existe pas dans le souvenir de ce regard, dans cette mémoire, dans ce désir, dans le fantasme de ce désir.
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... envahis de cette fatigue particulière du voyage, entre cette fatigue, qui n'est pas une fatigue et ce repos, qui n'est pas un repos et qui n'est pas encore un récit, qui ne sera jamais vraiment un récit.
Tu es le soir. Il faut refuser les compteurs de morts qui, selon les continents, fonctionnent à l'unité, à la centaine, au millier. Ces choses sont fausses puisque je dors ! Malgré tout il me semble voir, il me semble entendre, il me semble avoir chaud, cela ne peut pas être faux ; cela est, au sens propre, ce qui en moi s'appelle sentir ; et cela, considéré dans ses limites précises, n'est rien d'autre que penser. Descartes. Les méditations métaphysiques

Je ne sais pas ce que deviennent les oiseaux la nuit. J'ai pleuré d'amour, lentement, longtemps.