Diégèse  vendredi 2 juillet 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 1er décembre 1979
"Je désire écrire et je me sens coupable si je n'y arrive pas."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
S'il y a des personnages et s'il y a une fiction, il y a donc un personnage principal. Parfois, plus rarement, il y a des personnages principaux. Si l'auteur ne choisit pas avec évidence de personnage principal, le lecteur le fait subrepticement, comme dans ces séries télévisées qui n'en finissent pas où le téléspectateur choisit bien, parmi une dizaine de protagonistes, celui ou celle qui va devenir ainsi son personnage préféré.
Pourquoi me sentirais-je coupable, avec le désir d'écrire, de ne pas y parvenir ? Comme je me sens coupable, avec le désir de vivre, de ne pas entièrement vivre, comme je me sens coupable aussi, avec le désir d'aimer de ne pas suffisamment aimer, comme je me sens coupable de tout, avec ce désir de pureté originelle, d'avoir connu le péché.
J'entends ta voix sur le répondeur de la maison. J'écoute le message et je l'incorpore, je le caresse et je l'efface.
Dès lors, si je ne peux concevoir ma vie que comme un récit de vie, donc comme une fiction, et que par conséquent, pour ce qui est de ma vie, je n'ai jamais pleinement accès au réel, il est loyal de me demander à moi même si je suis le personnage principal de cette fiction, si je suis le personnage principal du récit de ma vie. La réponse est : pas toujours. Dans l'enfance, ce sera la mère et le père ou n'importe quel être aimant, gardant, soignant. Plus tard, l'être aimé prendra dans le récit de vie cette place de personnage principal. Pour le croyant Chrétien catholique, ce sera le Christ et Mohammed pour le Musulman pieux... Mais il y a sans doute un moment où, sans conteste possible, je suis le personnage principal de ma vie, c'est à l'instant même de ma mort.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Dans un certain ordre de la fiction, je suis le personnage principal. Avec ou sans souvenir, nos conversations s'étouffent...
"Que vous voulez confondre votre vie avec de longues funérailles, Monsieur."
Jean Genet. Le Balcon.
Il faudrait partir. ... et il suffit qu'une conjecture me pousse vers davantage de douleur et de larmes pour que je puisse d'instants en instants la considérer comme vraie, véridique, avérée.


Quel mauvais présage ce serait de devoir déroger, aujourd’hui justement...