Diégèse  jeudi 15 juillet 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 1er décembre 1979
"Si j'ai surmonté le ridicule d'être écrivain, je ne me soucie
nullement de sortir mon carnet tout d'un coup,
pendant que l'autre parle, pour écrire une phrase."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
L'idée, voire le concept de souvenir s'approche d'une autre idée, d'un autre concept, qui serait l'éternité. Si je me souviens, c'est que j'ai l'ambition de me souvenir pour toujours. Qu'est-ce que ce toujours ? Car je dis bien toujours et je ne dis pas éternellement. Utiliser toujours pour le souvenir, c'est d'emblée accepter que je vais oublier, que je peux ne pas me souvenir et même que je ne me souviendrai pas. Ce toujours, c'est l'éternité rapportée à ma finitude et c'est sans doute pourquoi je l'utilise, ce toujours, avec amour.
Quand Barthes a-t-il "surmonté le ridicule d'être écrivain" ? Sans doute quand l'autre, cet autre qui parle et qui n'est pas écrivain, a accepté "l'écrivanité" de Barthes et dès lors a accepté avec cela son désir d'écrire qui est sa manie d'écrire, qui est une pulsion d'écrire. Ce qui fait que l'autre a accepté cela, c'est le livre publié, les livres publiés, leur reconnaissance sociale, leur notoriété et, en conséquence, la notoriété de leur auteur. Je peux supporter les manies d'un écrivain célèbre quand je trouverais au mieux originales les manies d'un écrivain obscur, caché, un écrivain de mon intimité.
Tu me proposes de te voir. Mais pourrais-je aussi te toucher ? Seulement la main, seulement ta main. Tu réinventes en moi l'amour courtois et j'imagine pour toi l'amour, cet amour sans objet, cet amour qui demeure quand bien même toute trace de toi s'est en moi effacée.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Je dois avouer que je me souviens. Utiliser le mot toujours, c'est déjà porter un jugement...
Le mot toujours est une fiction.



Il y a autant de morceaux de moi, amoureux, que la mosaïque de Torcello laisse présager de beauté et de douleur.