Diégèse  dimanche 18 juillet 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Vous vous rappelez que nous sommes dans une sorte de prologue
qui consiste à nous interroger ou à m'interroger devant vous sur le désir d'écrire
."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que le voyage imaginaire et par conséquent l'écriture du carnet de voyage imaginaire vaut littérairement tout autant que le voyage et par conséquent que l'écriture du carnet de voyage. Le voyage imaginaire vaut même davantage car il semble exempté de devoir "faire l'original", il peut aller à Venise sur les traces de Morand ou en Bretagne sur celles de Chateaubriand, sans complexe. Le carnet de voyage imaginaire salue la littérature de loin, et les références littéraires de plus loin encore, comme de vieilles cousines lors d'un enterrement d'une plus vieille cousine encore.
Est-ce qu'en écrivant, comme le dit Barthes, je m'interroge devant vous sur le désir d'écrire ou est-ce que nous - le lecteur aussi donc - nous nous interrogeons sur ce même désir ? Ce "nous" ne peut s'activer que si l'écriture est réussie, si elle "marche" et vient nourrir un imaginaire autre, qui est le même imaginaire et qui renvoie donc, avec Kierkegard, à l'homme humain, ce lecteur, dans son humanité spécifiée, mais aussi à l'espèce, l'imaginaire devenant alors un concept anthropologique détaché de toute histoire personnelle. Ainsi, ce qui fait que je peux écrire, c'est que je m'adresse à l'espèce et non à quelques personnes en particulier. C'est aussi en cela que l'écriture est toujours, même de façon diffuse, une prophétie.
Je vais te voir et je vais me détourner souvent de trop te regarder. Les paysages prendront ta place dans ma mémoire, tous les paysages seront désormais ma mémoire de toi et dans le détail, dans l'isolement splendide d'un arbre sur la crête d'une colline, ce sera toi, encore, que je  verrai, précisément là.
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Mais je n'ai pas le courage de suivre les éclipses tout au long et tout au rond de la terre. C'est sans doute pourquoi nous nous promenons en Bretagne.
Hier les personnages voulaient échapper à toute métaphore et repartir à Venise. ... deux temps différents, deux sortes d'habitude qui se côtoient, deux climats, deux quotidiens, deux sortes d'impressions, deux sortes de soleil, deux sortes de vent.


Je la retrouve le soir dans la forteresse de Largoët, sur les créneaux de la tour aux chouans et les meurtrières de la poterne rendent un rythme particulier de soleil, de pluie. Quand tu dis "amore" en italien... ... le réveil de Venise...