Diégèse
 mardi 20 juillet 2010
Le texte en continu

ce travail est commencé depuis 3854 jours et son auteur est en vie depuis 18307 jours (18307 = nombre premier)
2010




hier
L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Et on est passé du désir d'objet au désir comme simple tendance,
sans tenir compte de l'objet."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que, dès l'école, la question de l'intrigue dans le récit, dans la narration, m'avait arrêté et que l'esprit de contradiction et d'expérimentation qui était souvent le mien m'avait conduit à vouloir imaginer un récit sans intrigue, sans nœud, sans chute. Il s'agissait sans doute déjà de juguler l'angoisse car l'angoisse est bien ce sentiment sourd qu'il va nécessairement se passer quelque chose puisque nous sommes dans un récit. Plus tard, la lecture de Becket m'avait rassuré. Il était possible qu'il ne se passât rien, toujours, indéfiniment.
Mais de quoi parle Barthes en cet hiver de 1979, ce dernier hiver ? Les signifiants sont transparents "désir", "tendance", il s'agit bien d'amour tout autant que d'écriture. Et de quoi d'autre d'ailleurs pourrait-il bien s'agir ? Ainsi, cette tendance à écrire, cette tendance sans objet est une tendance à aimer quand bien même l'objet amoureux a disparu, s'est enfui, s'est rendu inaccessible. Quelques mois auparavant, Barthes se demandait s'il était bien utile de vivre s'il ne pouvait jamais toucher le corps de l'autre. Il s'y est résolu, jusqu'à cet acte manqué fatal de février 1980.
Je vais te voir et jamais tu ne sauras être assez loin. Je te rejoindrai avec une lenteur terrible. Je te rejoindrai doucement avant que le manque ne revienne, ne reparte, ne décide encore de ma vie.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
... la mémoire a recommencé à sédimenter ses jours Il n'est même pas nécessaire qu'il y ait une intrigue pour cela.
... je voudrais une histoire dont il n'est pas nécessaire de connaître l'intrigue...  Il y a des histoires. ... ne plus attendre le jour comme s'il devait donner une solution toujours différée.
... sangloter un peu sur la lande, le soir, dans les odeurs d'épices derrière les dune. ... dans une solitude accompagnée...