Diégèse
 vendredi 23 juillet 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Lorsque l'objet de l'écrire s'efface ou s'estompe au profit de la tendance,
il y a évidemment une indifférence croissante à distinguer les objets de l'écrit,
c'est à dire une indifférence croissante à distinguer les genres de la littérature."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que c'est bien moi qui écris puisque ce qui s'écrit résonne en cohérence d'une année à l'autre et d'un jour à l'autre, dans cette apparence de perpétuité. Peu importe que ce "moi qui écris" me soit pour une large part dissimulé, sans clarté, sans autre volonté de faire que d'écrire, sans objet d'écriture et sans autre objectif que de continuer. Peu importe... mais cela importe cependant, dès lors que ce qui s'écrit, donc, est donné à lire et que ceux qui lisent relient, nécessairement, ce qui est écrit à un auteur, que je dois assumer avec mon identité. Utiliserais-je un pseudonyme que cela ne changerait rien. C'est bien moi qui écris, et je n'y peux rien.
En 1979, Barthes observait ou croyait observer "une indifférence croissante à distinguer les genres de la littérature". En cela, il avait raison et il avait tort. Il avait tort car l'industrie du livre, et il le notait aussi au fil de son cours, a besoin de genres car elle a besoin de l'objet de l'écrit, car elle a besoin de produits. Ainsi, peu importe que le livre soit de papier ou électronique, tant qu'il est un objet, il s'oppose, toujours selon Barthes, à l'écrire comme tendance, c'est à dire au désir d'écrire. Ainsi, pourquoi continuer à écrire des livres puisque la raison intime ne peut plus être de satisfaire ce désir d'écrire ? Cette raison, cette cause première de la littérature concrétisée dans un objet peut être fort diverse et diffère sans doute d'un écrivain à un autre écrivain. Il y a sans doute le pothos, ce désir imbriqué dans le manque qui pousse à vouloir en faire autant. Il peut y avoir une raison plus paradoxale : écrire un livre, et donc écrire un texte qui a un début et qui a une fin, puisque le livre ne peut continuer indéfiniment, c'est s'autoriser et être autorisé à arrêter d'écrire, c'est soigner la manie d'écrire.
Il va falloir que je recommence et que je recommence encore à ne pas m'habituer à ton existence, à ne pas m'habituer au trouble que tu provoques, à ta peau interdite, à ta voix qui ne me caresse pas dans le plaisir douloureux que j'écoute.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Un jour je te retrouverai. (et nous préparerons sans fin le soir) Il faut tout oublier.
... je n'ai aucune idée de ce qu'ils voudraient bien dire, de ce qu'ils pourraient bien vouloir dire, eux, les personnages. Comme tout cela.

... pour cela et pour toi aussi, qui ne m'attend plus depuis si longtemps, qui n'entend même plus rien, dans une absolue défaite