Diégèse  lundi 26 juillet 2010
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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Le romanesque croît en fascination au fur et à mesure que
le roman comme canon perd de l'intérêt."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Est-ce que le temps qui passe simplifie les souvenirs ? Est-ce que le temps qui passe, par l'éloignement, par le seul éloignement, permet de mieux distinguer les lignes continues de ce qui se passe et de ce qui s'écrit ? J'en ai parfois l'impression mais c'est ensuite que je m'aperçois que c'est seulement, modestement, opiniâtrement que j'écris toujours la même chose et que j'écris toujours ça de la même façon.
Est-ce que le romanesque croît en fascination ? Barthes le dit, mais souvent, avec lui et particulièrement dans son cours, il faut ajouter "pour moi". En 1979, il est peu probable que Barthes pense vraiment écrire un roman qui serait un roman et qui serait classé dans les librairies et dans les bibliothèques dans la section des romans. Mais il a envie de romanesque et le romanesque "croît en fascination" pour lui. C'est qu'à mesure que le temps passe, la part du passé devenant plus importante, le fantasme, le passé comme fantasme, se fait plus riche et surtout plus présent. C'est alors que survient le romanesque et ce point de basculement, ce point de "retournement" comme dirait Péguy, qui fait passer l'auteur de la forme brève à une autre forme, que l'on appellera provisoirement roman.

Mais ce n'est évidemment pas un roman.
Je vais te voir donc, je vais te voir, ainsi et avant de voir je peux, je pourrais presque imaginer des histoires et tes yeux que j'embrasserais et ta bouche, et ta bouche doucement, et ta bouche.
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Être sous le contrôle de l'absence, est-ce encore vivre vraiment ? Je ne me souviens d'aucun voyage.
Mais cela n'a pas vraiment d'importance. Et c'est la ligne continue qui mène, qui enlève, qui élève. J'aimerais tant parvenir à me figurer une quatrième dimension.
... enlever un peu le sel qui embue tes yeux. ... les épaules qui s'engourdissent, qui bougent mal, qui font mal. ... ces histoires que nous imaginions sans doute plus complexes qu'elles ne l'étaient vraiment.