Diégèse  mardi 27 juillet 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Donc c'est la même question, la question des genres,
ici sexuelle et là rhétorique."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que, quoi qu'il en soit, quel que soit le protocole d'écriture qui est choisi et qui est suivi, quelle que soit l'intention d'écriture, et même pour les textes qui sont en apparence le plus éloignés de la fiction, l'écriture met toujours en tension ce qui serait de l'ordre du réel, la biographie, et ce qui est de l'ordre de la fiction, le roman biographique, le roman. Ainsi, la motivation de l'écrire, ce désir d'écrire barthèsien, ce serait aussi tenter de ne pas être le mauvais personnage du mauvais roman. En cela, ce ne pourrait être que fou ou déceptif.
Certainement, quand en 1979, Barthes rapproche la question du genre en littérature de la question du genre sexuel, fait-il alors preuve pour lui-même d'audace et de dévoilement. Après avoir analysé le désir d'écrire comme "tendance", mot qui évoque évidemment la tendance homosexuelle, il insiste dans cette voie. Je ne sais pas si, depuis, la théorie littéraire a poursuivi cette piste inachevée de Barthes. Je remarque seulement que les études du genre se sont depuis installées dans le paysage scientifique et qu'ainsi le propos de Barthes apparaît comme visionnaire.
Mais je n'ose pas imaginer d'histoires, et je n'ose pas imaginer la fiction de ta bouche sur ma bouche, la fiction de tes yeux au plus près de mes yeux. Ce serait la douleur quand je sais que ta bouche sera loin de ma bouche et quand je sais que tes yeux seront loin de mes yeux.
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Je veux que mon absence de souvenirs laisse au calme les fantômes, les elfes et les génies des lieux... Nous sommes peut-être seulement les personnages d'un mauvais roman.
Je crois que les personnages prennent leur rôle au sérieux.
Et je n'ai pas seulement une connaissance tout à fait limpide de ces choses considérées ainsi en général : j'ai aussi, en outre, quand j'y prête attention, touchant les figures, le nombre, le mouvement et choses semblables, la perception d'innombrables choses particulières...


... une impression de toits et de lumières...