Diégèse  samedi 31 juillet 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 8 décembre 1979
"Nous sommes plutôt semble-t-il, en tout cas de plus en plus, dans l'ère générale
du ressentiment, c'est à dire l'ère pour reprendre la typologie Nietzschéenne,
l'ère des prêtres,"hapt", et même des ayatollahs, qui sont donc les types mêmes du ressentiment."

"La pensée de l'organisation sociale de l'apparence est elle-même obscurcie
par la sous communication généralisée qu'elle défend.
Les spécialistes du pouvoir du spectacle, pouvoir absolu à l'intérieur de son système
du langage sans réponse, sont corrompus absolument par leur expérience du mépris
et de la réussite du mépris, car ils retrouvent leur mépris confirmé
par la connaissance de l'homme méprisable qu'est réellement le spectateur."
Guy Debord dans son film "La Société du spectacle"

Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
L'été n'est pas un éloignement du monde mais un éloignement de la communication forcenée sur le monde, une césure dans le flux continu du commentaire. Mais cet éloignement produit un effet paradoxal et les "nouvelles", devant parcourir un espace de temps plus grand pour être perçues, en deviennent dans leur banalité même plus fortes, plus inquiétantes dans leurs habits d'abrutissement.
Barthes qui évoque "l'ère généralisée du ressentiment" et Debord qui dénonce "le système de la sous-communication généralisée" au sein du "système du langage sans réponse" commentent aujourd'hui mon actualité, quand la parole politique du pouvoir se fait profération, cette profération par essence sans réponse et, qui pour sa plus large part, demeure sans conséquence factuelle sinon celle de façonner patiemment "l'ère généralisée du ressentiment", cette guerre du chacun contre chacun.
Et puis tu es là. Ainsi nous nous voyons et je vois ta bouche et je vois tes yeux dans leur éloignement, dans leur proximité, et cela ne change rien et tes yeux me manquent et ta bouche m'évanouit.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
... je viens écrire chaque jour et je n'ai presque rien écrit de moi... Comme dans la chanson, il y a le ciel, le soleil...
... nous pourrions inventer une chanson d'été, nous pourrions le faire, même si nous ne sommes pas des chanteurs, même si nous ne sommes pas chanteurs.
... (des figures dont) on ne peut aucunement soupçonner qu'elles se soient jamais insinuées en moi par l'entremise des sens.
Je vais t'appeler et tu ne répondras sans doute pas. Je pourrais écouter de la musique, écouter des histoires que l'on ferait ressembler à nous... ... éprouvant encore une fois le jeu de la distance et de la proximité.