Diégèse  vendredi 4 juin 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 1er décembre 1979
"Cette année, je veux suivre l'œuvre de son projet à son accomplissement."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que l'écriture choisit les interstices de la vie ou de la mémoire, non pour s'y glisser mais pour tourner autour d'eux et les mettre en tension par des oppositions de termes. Si je suppose que ces interstices sont la trace d'apories fugitives et pourtant définitivement gravées par le souvenir, alors l'écriture est cette polarisation forte qui permet de dépasser ces apories et c'est l'oxymore qui délivre de la mémoire.
"Cette année, je veux suivre l'œuvre de son projet à son accomplissement." dit Barthes au début de son premier cours de ce qui sera sa dernière année universitaire. La lecture dans la diégèse de cette phrase ou plus encore son écoute la font sonner inutilement comme une prédiction qui dirait que l'accomplissement de l'œuvre, c'est la mort. Dès lors, pour sortir du fantasme, il faut trouver la trace linguistique de cette prédiction, entièrement contenue dans le lapsus. Quel était le mot, vite repris, effacé, que Barthes allait ici substituer à cet "accomplissement" ?
Et je n'entends rien de toi que ce froissement des draps qui enserrent ton corps et si je me penchais les bribes de ton souffle.


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Mais le voyage aide à cette opération d'oubli. C'est entre la ville et la campagne, entre le souvenir de l'enfance et sans doute rien.
J'ai vraiment utilisé vos larmes.
Mais quand je fais peu après retour sur moi, j'expérimente que je suis pourtant exposé à d'innombrables erreurs... (Descartes)

Je tourne autour des ports, je remonte sans grâce les lignes des avenues. Les textes de l'année dernière et ceux d'aujourd'hui miroitent... Mais j'ai entendu ta respiration qui me disait que la vie pouvait rester enfouie encore.