Diégèse
 dimanche 13 juin 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 1er décembre 1979
"Pour que l'œuvre de l'autre passe en moi,
il faut que je la définisse en moi comme écrite pour moi
et qu'en même temps je la déforme, que je la fasse autre à force d'amour."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que si je me souviens que tu existes, que tu existes vraiment et non seulement que tu as existé, que tu as vraiment existé, alors l'idée brutale de ton existence détruit jusqu'à la possibilité même de me souvenir de toi. Et ce brusque mouvement d'oubli de toi entraîne alors l'oubli de moi. Je ne sais plus qui t'aimait ainsi.
L'altérité est inaccessible si l'on s'extrait de la projection analogique qui fait reconnaître en l'autre la même espèce que soi. Ainsi, dans la maison d'en face, quelques personnes font la fête. Je m'endors. Ne me parviennent que des rires de gorge, des voix de tête, des exclamations socialement configurées, conformées aux "talk shows" des chaînes de télévision. L'attention flottante du sommeil fait que je sais entièrement ce qui se passe entre eux, comme le berger sait ce que font ses moutons, sans pour autant devenir mouton lui-même. En dehors de la fête, les voix que j'entends me semblent exorbitantes de toute humanité. Quand je les ai déshumanisées entièrement le bruit ne me dérange plus. Je peux dormir.
Je peux ouvrir la fenêtre maintenant. Je l'ouvre un peu et doucement. L'air du dehors vient par bribes sur mon visage et je sens alors de nouveau l'odeur de nuit de la chambre.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Tu es la démonstration paradoxale de la mémoire et de l'oubli mêlés.
J'imagine des collines douces et mes didascalies ne sont que des commentaires.



Je ne m'en souviens pas vraiment... Comment vis-tu les jours ?