Diégèse  vendredi 18 juin 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 1er décembre 1979
"J'imagine... bien et à juste titre qu'il vous indiffère,
narrativement parlant, que l'œuvre soit faite ou non
."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Quand le texte rapproche le temps qu'il fait du temps qui passe, il se justifie en invoquant le temps qui passe et les saisons qui passent elles aussi et reviennent mais qui, quand elles reviennent, sont cependant d'autres saisons... quand il  a encore des saisons, quand le texte accepte qu'il y ait encore des saisons. Tout cela n'est que prétexte. c'est le signifiant "temps" qui seul et d'abord provoque ce rapprochement, cette collision. Alors il faudrait étudier les liens nécessairement différents qu'ont entre eux "time" et "weather" dans la littérature anglo-saxonne.
S'adressant aux auditeurs du Collège de France en 1979, avec un peu de coquetterie, Barthes dit qu'il imagine que cela les "indiffère, narrativement parlant, que l'œuvre soit faite ou non." Son œuvre, le roman, qui fait l'objet du cours. La coquetterie est entièrement contenue dans l'adverbe "narrativement". Dans l'économie narrative du cours de Barthes, en effet, il est assez indifférent que celui-ci écrive ou non "le roman". Je me demande dès lors à quels adverbes s'oppose ce "narrativement" dans l'économie "présentielle" de ce cours du 1er décembre 1979. Je ne trouve que "affectivement". Dans la chaleur des retrouvailles - il s'agit du premier cours de 1979/1980, Barthes ne peut feindre qu'il n'est indifférent à personne dans la salle qu'il écrive ce roman qu'il n'écrira pas. Et pourtant, sans même prédire, prévoir, connaître la mort accidentelle de Barthes quelques mois plus tard, tout indique dans le cours qu'il ne l'écrira jamais. Ainsi, ce cours est bien "la préparation du roman... que l'on n'écrit pas" et l'écriture du roman devient alors un scénario fantasmatique sophistiqué. Le syntagme "j'écris un roman" fonctionne comme un performatif en creux.
Le lampadaire de l'autre côté de la rue s'éteint. Avec lui les autres lampadaires. C'est donc la fin de la nuit quand tu es encore en pleine obscurité.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Rien de plus que le ciel nuageux puis sans nuages et puis nuageux encore avant d'être encore sans nuages.


... comme emprisonnées par le temps qui passe, la paresse et les limites mêmes du monde.
... doucement la tendresse et le vent se cabre et il se démène, apporte un peu de pluie, le calme. Nous regardons la ville et nos bras se touchent doucement.