Diégèse  lundi 21 juin 2010
Le texte en continu

ce travail est commencé depuis 3825 jours et son auteur est en vie depuis 18278 jours (2 x 13 x 19 x 37 jours)
2010

ce qui représente 20,9268% de la vie de l'auteur

hier
L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 1er décembre 1979
"Autrement dit, l'étranger adoré que je lis me pousse et me conduit
à affirmer activement l'étranger qui est en moi, l'étranger que je suis pour moi."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que l'écriture continue quand bien même la vie hésite et s'arrête un instant de se souvenir et s'arrête même de tenter de se souvenir. La vie place des actes dont la plupart demeurent immatériels, sans souvenirs. À mieux y réfléchir, la vie ne sait pas ce qu'est un acte, car il est toujours possible de diviser un acte ou une action en d'autres actes ou en d'autres actions plus petits et l'acte le plus ténu lui-même est un composite d'actes plus ténus encore, jusqu'au presque rien, jamais jusqu'au rien. Rien de cela dans l'écriture. Je peux jouer à préciser les détails à l'extrême, les signifiants ne sauraient se diviser à l'infini. L'écriture la plus fluide est une chose solide qui ne connaît pas la durée et qui ne connaît donc pas la nuance. C'est en cela qu'elle est un médium entre l'immatériel d'une vie et l'immatériel d'une autre vie.
Est-ce que, comme Barthes, par l'écriture, "j'affirme activement l'étranger que je suis pour moi" ? Sans doute, mais surtout, si tant est que je suppose un lecteur possible, je tente d'affirmer que je ne suis pas seul et que cette étrangeté peut rencontrer une étrangeté étrange à elle-même, qui est une autre étrangeté. Ces étrangetés se rencontrent peut-être dans l'espace de l'imaginaire défini comme concept anthropologique, qui demeure cependant toujours une supposition, un axiome, une hypothèse de travail. En écrivant, je suppose que je peux être lu, mais je n'en suis jamais certain puisque ce que j'écris, à moi même, demeure celé. C'est aussi en cela que l'écriture est une manie furieuse et très particulière dans le champ des expressions artistiques car elle arbore l'apparence d'un sens univoque quand, par définition, elle est l'expression de l'équivoque.
Alors il y a tes cheveux qui marquent le commencement de ma souffrance, qui couvrent imparfaitement la promesse de ton cou, démêlés à la caresse des épaules, épuisés à mes mains qui tremblent.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Et je n'ai pas encore appris l'oubli.
Je n'ai jamais vraiment su de quoi il s'agissait.


Je regarde, je marche et je regarde.
... sortir le sextant de la mémoire...