Diégèse  dimanche 2 mai 2010
Le texte en continu

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2010




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L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 3 mars 1979
"Il y a pour nous nécessité de capturer une sorte de copeau du présent,
tel qu'il me saute à l'observation et à la conscience
."


Ce que je retiens... (des années précédentes)...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait......puis ce que j'écris.
Je retiens que comme un ordinateur, comme un téléviseur, comme beaucoup d'appareils électriques, le texte sait se mettre en veille. L'appareil électrique en veille propose des commandes, des boutons, des manettes pour permettre qu'il redémarre. Quels sont, pour le texte, ces appareillages ? Ce sont les grandes catégories structurales du récit : le temps, l'espace et parfois, sur les modèles haut de gamme de texte, l'amour.
"Nous nous exprimons nécessairement par des mots, et nous pensons le plus souvent dans l'espace. En d'autres termes, le langage exige que nous établissions entre nos idées les mêmes distinctions nettes et précises, la même discontinuité qu'entre les objets matériels."
Ce sont les deux premières phrases de l'avant-propos de l'Essai sur les données immédiates de la conscience de Bergson. Ainsi, j'en conclus, hâtivement, que le mot est impropre à transmettre l'expérience de la durée, que la phrase est tout aussi inadaptée à cela et que le texte ne tend à rien d'autre qu'à dépasser ce que le mot et la phrase sont dans l'incapacité de produire. C'est en cela que le texte n'est ni une suite de mots, ni une suite de phrases. L'hypertexte serait donc un appareillage supplémentaire de cette quête absurde du Graal inatteignable du sens.
Je pouvais alors regarder la ville et je te voyais dans la ville. Je pouvais alors voir les images de la ville et tu n'étais pas une image.

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Je ne suis pas expert en amour. Même des mots très simples, des mots très habituels comme le mot rue, comme le mot trottoir perdraient leur sens.
Cela dure aussi longtemps que possible. Je suis donc plus éloigné, moins concerné. Et pourtant, la pensée produit souvent l'erreur d'idées qui s'amuseraient à venir d'un être simplement potentiel, niant et la formalité et l'actualité de l'être, dans son imperfection.
Puis je partirai, oubliant un peu la fuite.
Je ne sais pas ce qui pourrait me sauver.