Diégèse  dimanche 30 mai 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 10 mars 1979
"Quand je produis des notations, elles sont toutes vraies.
Je n'invente jamais. Je ne mens jamais."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que l'écriture ne pallie pas le trouble ni l'impuissance à dire, à se souvenir. Je retiens que l'écriture ne retient pas le désir, ni l'amour, qu'elle ne les fixe pas. Je retiens donc qu'il serait entièrement inutile d'écrire pour pouvoir dire des souvenirs, pour les fixer, pour pouvoir dire des souvenirs d'amour et tenter d'y circonscrire le désir.
Le temps de l'édition aura éclairé ces quelques phrases de Barthes sur la notation qui ne ment pas. Sans doute faut-il aussi comprendre "tricher" dans ce "mentir". Barthes note ce qu'il nomme des "incidents". Le recueil posthume de ces notations prendra ce titre. Ainsi, Barthes, renonçant à la possibilité même de l'amour, se demande s'il va pouvoir continuer à laisser venir à lui le monde. Ne plus tricher, ne plus tricher du tout, ce serait arrêter d'écrire, ce serait arrêter vraiment de poser la possibilité du désir.
Le bruit seul de l'eau qui vibre sur les roues de l'Oronte me conduit au souvenir de toi. Ce seul bruit m'appelle dans mon assourdissant désir, dans cette perte obscure, le moment désolé de mon amour.

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Je ne peux pas le dire. Je ne sais pas le dire pourrais-je aussi écrire.
Puisque c'est fugitif, puisque c'est frustrant, puisqu'il s'agit d'une apparition et d'une disparition et que la rencontre semble impossible, puisqu'elle paraît vraiment impossible encore, la rencontre entre les personnages, la rencontre avec les personnages, puisque tout cela, je pars.


La Bretagne me pousse dans l'ailleurs de ses toponymes qui résonnent drôlement, qui cinglent la langue et que je ne me rappelle pas bien.
... ton corps qu'il faudra bien assouplir.