Diégèse  mercredi 10 mars 2010
Le texte en continu

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L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 20 janvier 1979
"Et c'est précisément - je le dis une fois de plus -
parce qu'il n'y a pas de mots pour dire cela, que le discours, c'est à dire le poème,
est justifié et qu'il est nécessaire."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que nous sommes juxtaposés. Je ne sais pas si tu te souviens mais tu dois bien te souvenir. Je n'aurai pourtant jamais accès à ton souvenir et tu n'auras pourtant jamais accès au mien. Ce qui fait le souvenir, ce qui le justifie et ce qui le caractérise, c'est la séparation, c'est la séparation définitive, c'est l'abandon même de l'espoir de cette fusion amoureuse, de la rencontre possible. Parler de son amour, écrire son amour, c'est y avoir renoncé, déjà, déjà et pour toujours.
J'ai entendu un poème de Marie-Laure de Noailles lu par Micheline Presle. Revenait le même vers, en refrain : "mais que se passait-il en vérité ?"
C'est bien cette question qui est à l'œuvre dès lors qu'on lit une fiction. C'est la question que pose l'auteur au narrateur de la Recherche du temps perdu pendant toutes ces pages. C'est la question posée ici et c'est bien sûr la question qui ne trouve jamais de réponse puisque c'est l'absence définitive de réponse qui justifie le texte.
Plus loin que les genêts, plus loin, là bas, en pointillés, la mer adoucie de brume, évanescente. Plus loin que les genêts, là bas, l'abrupt du chemin, la pente. Je ne te prends pas la main.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Nous resterons des personnages juxtaposés dans le temps long du texte et de la vie, sans retour.





Ce discours qui veut s'échapper et rejoindre le geste et le corps. La brume du temps sans suite me revient.