Diégèse  lundi premier novembre 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 5 janvier 1980
"Moi je crois qu'en face, l'écriture, c'est précisément ce qui stoppe,
je dirai, l'hémorragie épuisante de l'imaginaire."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Est-ce que toutes les phrases se valent pour celui qui écrit ? Au moment de l'écriture, j'en suis certain. Au moment de la lecture, jamais. Mais quand je choisis cette phrase plutôt qu'une autre dans les textes des années précédentes, je ne choisis pas une phrase que je trouverais meilleure que les autres. Je le choisis parce qu'elle m'apparaît comme surlignée, désignée et je ne sais pas vraiment pourquoi. C'est ainsi que je laisse écrire mon inconscient comme on laisse parfois les enfants dessiner sur des feuilles blanches.
Ainsi, pour Barthes, écrire, ce serait trouver le moyen, la faculté de "stopper l'hémorragie épuisante de l'imaginaire". Mais écrire est un garrot puissant pour une hémorragie abondante. Souvent, pour un petit saignement d'imaginaire, il suffira de prendre une photographie et parfois même de demeurer un instant silencieux, tout à la joie secrète de la production d'un imaginaire apaisé mais sans amour. Car écrire, ce serait toujours écrire une histoire d'amour et cela même dans les formes qui semblent très éloignées de cela, l'histoire d'amour.
Je me souviens muet de ma parole et muet toujours de ta parole qui m'est donnée puis reprise, volée, gardée assourdie de temps, épuisée de temps, jusqu'au silence.

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Ils faisaient parfois référence à leur amour et je ne savais pas qui était leur amour et parfois, encore, ils parlaient de toi et je faisais semblant de ne pas savoir qui tu étais. Il s'est bien passé quelque chose en dehors de l'éternité.
Ce n'est que pour le lecteur que toutes les phrases ne se valent pas.
La nature n'enseigne rien du tout, et surtout pas à rechercher ou à fuir le plaisir ou la douleur.
Je me promène longtemps, réchauffé un peu par le vin millénaire de la Calabre. Je parlais de tempête et la tempête est là maintenant. Le cœur me pèse encore et la tempête n'est pas terminée.