Diégèse  samedi 6 novembre 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 5 janvier 1980
"Des formes de continu : le récit, la dissertation, le traité...
et des formes de discontinu, les fragments :
aphorismes, pages de journal, paragraphes à la Nietzsche, etc.
Voilà un peu quel est moi mon problème fantasmatique.
C'est là que porte mon fantasme."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Il y a des jours où le texte se fait puis il y a des jours où le texte se continue. Il est sur sa lancée, sur une lancée. Il n'y a cependant pas de hiérarchie entre les jours du texte, qu'il se continue ou qu'il se fasse ou encore qu'il se refasse comme au jeu le joueur se refait. Le cadre dessiné qui accueille les fragments et qui les suscite est désormais suffisamment établi pour que jamais le texte ne se délite totalement, quand bien même, entre les mots se dissimule le poison de la nostalgie qui pousse à toutes les figures honnies, parmi lesquelles la métaphore, l'odieuse métaphore.
Dans son cours de 1979/1980, le dernier, Barthes déplace la question du "quoi écrire ?" qui n'est plus celle d'avoir une idée, d'avoir un propos, une bonne idée, un propos intéressant mais celle de choisir une forme, de trouver une forme nouvelle. "Qu'est-ce que vous écrivez ?" demande-t-on à l'écrivain. S'il répond "un roman", on peut lui demander quelle en est l'histoire. S'il répond "un poème", le "sur quoi" est déjà plus difficile. Quant à moi qui n'écris rien de connu, rien, presque de décelable, il arrive encore que l'on me demande après 3963 jours de publication si, un jour, je vais "publier". C'est donc bien qu'il y a une forme littéraire qui surplombe toutes les autres formes et qui est une forme plastique : le livre. Le livre est à l'écriture contemporaine ce que le tableau est aux plasticiens de maintenant : une forme possible parmi d'autres formes possibles, qui ne sera cependant utilisée que si le tableau correspond au propos de l'artiste. Mais aux artistes contemporains aussi, il arrive encore qu'on leur demande s'ils sont peintres et qu'on leur demande de peindre et que l'on exige des tableaux.
Tu es l'entière métaphore des saisons assourdies qui donnent à la pluie la pluie et qui donnent au soleil le soleil.

Tu es la métaphore immobile, la parfaite immanence.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Le texte révélait alors sa destination première et sans doute sa seule destination : parler de toi, penser à toi et ne plus savoir t'aimer... ... ce refus de dire vraiment quelque chose.
Et c'est ainsi que le texte peut continuer. Il s'agit donc bien de lutter contre le mépris. ... quand, par exemple, abusé par la saveur agréable d'un aliment, on absorbe un poison dissimulé au dedans. (Descartes)
Les mots accompagnent la promenade déçue dans la splendeur des paysages... Quand tu m'appelles, c'est presque la pluie sur le toit, tes mots ne me disent que cette pluie-là... ... dans l'abandon des draps, c'est encore ton image qui vient et qui m'attire.