Diégèse  dimanche 7 novembre 2010
Le texte en continu

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L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 5 janvier 1980
"Opposé au livre, l'album - je cite - "recueille des inspirations
de hasard fussent-elles merveilleuses - recueille des inspirations
de hasard fussent-elles merveilleuses".
(à propos du "livre total" chez Mallarmé)


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens que le souvenir, comme l'écriture, est une manie. Je ne peux m'empêcher de me souvenir et, aux souvenirs intempestifs, je ne trouve qu'un antidote : l'invention de souvenirs imaginaires et, car il faut bien se souvenir de ces nouveaux souvenirs, l'écriture des souvenirs imaginaires. Aux souvenirs de voyage je substitue les souvenirs d'un voyage imaginaire et je remplace les souvenirs d'un amour par les souvenirs d'un autre amour, dans un autre voyage, dans un autre temps qui ne sera jamais que ce temps de la diégèse.
Quelle est la place du hasard dans le travail artistique ? Elle peut être entière dans le résultat, dans le "rendu" et ce, jusqu'au "coup de dé". Mais la démarche artistique n'est pas de hasard. Elle peut se rencontrer de façon fortuite après avoir cherché, fouiné, fureté mais quand elle est trouvée, elle est reconnue et comme retrouvée. Il ne faut donc pas se méfier du hasard et le mêler intimement au travail avec tranquillité.
Depuis le temps que tu es une phrase, depuis le temps que tu es un texte, depuis le temps que tu suis la suite des mots, depuis le temps que je me souviens et que j'écris que je me souviens comme on efface les souvenirs, depuis tout ce temps, je ne sais rien encore de toi.

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Mais le souvenir, cette manie, ne lâche pas facilement. Ce pouvait être une impression agréable. Regarde les derniers rangs, qui sont comme les derniers rangs de ta mémoire...  Et je pourrais même imaginer maintenant ce qu'il faudrait dire pour que cela s'arrête... ... tout ce qu'on peut en conclure, c'est que cette nature n'est pas omnisciente...
Tenant ainsi les fleurs à qui destinées, pantin, je voulais m'évanouir. Tout le ciel se prépare à la pluie, elle vient, et le toit se raidit un peu... De retour, ce sont quelques baisers, refroidis, froids déjà...