Diégèse  mardi 16 novembre 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 5 janvier 1980
"Un livre ne commence ni ne finit, tout au plus fait-il semblant. (Mallarmé)
Mais c'est absolument vrai. Même en dehors du livre mallarméen."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Je retiens la question du destin au sein du texte, le destin des personnages. Puisque je peux lire la fin du texte écrit, la fin de la fiction, je peux connaître le destin des personnages. C'est cependant une illusion car je n'en sais que ce qui est écrit. Et si les personnages meurent au cours ou à la fin du récit, je n'en sais pas davantage, leur mort étant prévisible tout autant que celle du lecteur. Ce qui est "destin", en revanche, dans un texte, et destin implacable, c'est la syntaxe et le vocabulaire qui, à partir d'un nombre de combinaisons nécessairement fini donnent l'impression de l'infini, comme la vie de l'homme, nécessairement limitée lui donne pourtant le sentiment de l'éternité.
Ainsi, pour Mallarmé, le livre ne commence ni ne finit, tout au plus fait-il semblant. Qu'il ne commence ni ne finisse m'amuse sans cependant m'étonner. M'intéresse en revanche davantage l'idée que le livre puisse "faire semblant" de commencer et de finir. Quel est l'outil de ce faux semblant ? La phrase. La grammaire. La syntaxe. Les majuscules en début de phrase. Les points qui le terminent le plus souvent. Voilà les accessoires des faux semblants de l'écriture. Il s'agit d'abord d'une ponctuation.
Et le paysage passe, et le paysage change à mesure que le paysage passe, quand mon regard ne passe pas, quand tu ne me passes pas.




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Le souvenir est un destin.
Le texte n'a pas de destinée.
Et puis, la divisibilité de l'esprit, je la connais, moi, assez par ailleurs, pour pouvoir excuser Descartes de ses frilosités.
Je suis revenu à l'heure de la sieste, me couchant de nouveau dans le lit déjà refroidi. Tu sais ce qui t'attend, et tu iras sans peur, sans trop de peur, sans heurt, déserté. Je me réveillerai sourd à toi.