Diégèse  mardi 19 octobre 2010
Le texte en continu

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L'atelier du texte demain

Roland Barthes - Collège de France - séance du 15 décembre 1979
"Écrire comme idéal du moi, c'est cela qui est souverain, c'est cela qui est exaltant."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
À mesure que le temps passe et à mesure que les années passent, il arrive, que des textes les plus anciens, que des années les plus lointaines, je prenne "ce qui reste", c'est à dire ce qui n'a pas été utilisé les années précédentes, ce qui n'a pas été lié et réutilisé les années précédentes, déjà. Mais ce "reste", si je le prends, c'est que je m'aperçois que, pendant toutes ces années, je l'ai contourné, je l'ai occulté car il portait encore trop de peine, ou encore trop d'émotion et que je ne savais que faire de la peine ni que faire de l'émotion dans le texte à écrire.
Je ne suis pas certain qu'écrire soit exaltant. Ou alors, s'il y a une sorte d'exaltation, et c'est vrai qu'elle est alors souveraine, c'est après avoir écrit un groupe de mots, une phrase, dont je sais instantanément que c'est bien cela que je voulais écrire, que c'est exactement cela que je voulais écrire, comme le tireur atteint parfaitement le centre de la cible. Cela n'arrive pas tous les jours mais cela arrive parfois. Mais cela arrive parfois, quand même. Mais cela peut arriver, parfois, quand même, malgré toutes les contraintes qui, toujours, sont faites à l'exaltation d'écrire, ces contraintes qui viennent, toujours, du lecteur, de la possibilité du lecteur.
Et puis le texte s'éloigne un peu de toi, s'éloigne de ton image, de ton souvenir. Et puis le texte baguenaude, loin de ton image, de ton souvenir. Il est dans la ville, il est dans le monde, il se mêle à d'autres textes, il se mêle à la littérature. Et puis le texte revient vers toi, vers ton image, ton souvenir, comme on se brûle à la lampe.




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Et c'est au moment où nous savons que tout, jusqu'à l'univers, est mortel que la notion d'éternité peut enfin prendre sens. Nous sommes des personnages épuisés.
... ce retour sur le texte, sur le souvenir que des personnages peuvent avoir d'un texte qui s'écrit, ce retour, brise davantage le pacte de la fiction au profit d'un autre pacte qui serait celui de la littérature.


Les météores deviennent une autre métaphore qui m'épuise comme tu m'épuises. Je regarde tes yeux et je rêverai de tes yeux la nuit... J'ai attendu en vain au coin de la rue que tu m'avais indiquée, scrutant chaque silhouette, me rappelant chaque parfum et le comparant pendant de longues minutes avec le tien.