Diégèse  dimanche 24 octobre 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 15 décembre 1979
"Remarquez, certains écrivains peuvent s'arranger pour ne quitter jamais le temps de la velléité."

"La mort... est du domaine de la foi." Jacques Lacan


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
"Je fais un texte." Mais ce n'est pas certain. Il en va du texte comme, selon Lacan lors de sa conférence dite "de Louvain", de la mort : "le comble du comble, c'est que vous n'en êtes pas sûrs." Car, écrivant, penser faire un texte, c'est faire acte de foi dans une communication possible, sans parasite aucun. J'écris donc. Mais le texte procèdera d'autre chose que de l'écriture et pourra naître parfois dans l'interstice laissé entre sa production et sa lecture.
Qui seraient ces écrivains qui pourraient, selon Barthes, "s'arranger pour ne quitter jamais le temps de la velléité" ? Tous les écrivains. Peut-être car aucun écrivain, sans doute, n'écrit jamais tout ce qu'il voudrait écrire, ce tout qu'il pensait écrire, et demeure ainsi, à jamais, dans la velléité d'écrire ce reste, incommensurable à l'œuvre déjà écrite, ce reste essentiel qui ferait de lui, à ses propres yeux, un écrivain.
Et dans la mort aussi serais-tu loin de moi ? Et dans la vie après la mort, serais-tu loin de moi ? Et dans la résurrection des morts, serais-tu loin de moi encore ?

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Je ne sais rien d'eux et je voudrais ainsi parler un peu de moi, dont je ne sais pas davantage. Je fais un texte.
Ce serait penser, ce serait laisser croire que le texte n'est qu'un extrait d'un autre texte possible, d'autres textes possibles, alors qu'il est un et un seul texte.
Je suis donc une chose qui pense et qui ressent et la pensée et la sensation sont indissociables.
Peut-on habiter un nouvel appartement sans penser à tous les amours, à tous les drames... Je me promène la nuit dans le cloître, indécis sur ce qu'il faut sentir, ressentir puisque tu n'es pas là... Pourtant le soir, c'est le manque d'amour qui revient en liesse...