Diégèse  samedi 11 septembre 2010
Le texte en continu

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Roland Barthes - Collège de France - séance du 15 décembre 1979
"Alors j'étais en train d'expliquer que, en face du vouloir écrire, il y avait un vouloir non écrire,
que j'ai essayé de décrire, et - qui est euh - auquel j'ai donné le nom général d'oisiveté."


Ce que je retiens... (des années précédentes) ...et ce que j'ai lu, vu ou entendu... et ce que ça fait... ...puis ce que j'écris.
Inventer des personnages, écrire des personnages, c'est inventer des personnages vivants. Il est possible d'imaginer des personnages morts. Il est plus difficile d'imaginer que tous les personnages d'un texte soient morts. Dès lors, si les personnages sont vivants, ils doivent mourir, sauf à supposer que l'écrivain ne crée pas de personnages à son image. Et bien non. Les personnages peuvent être tout aussi morts qu'immortels, monstrueux, animaux, aliens, et même inanimés, sans pensée, sans parole, sans rien, comme un paysage arrêté.
Barthes a raison. Ce serait bon d'arrêter d'écrire, parfois. Mais ce qui rend ici l'écriture supportable, c'est que je n'écris rien, ou pas grand chose, entièrement livré à une manie improductive, que des religions zélées pourraient bien interdire pour péché de stérilité, pour cause de plaisir solitaire.
En ton absence, je pourrais écrire ton nom et je n'en ferais rien. Je pourrais décrire tes yeux mais je n'en ferai rien. Je pourrais t'inventer et cela, patiemment, je le ferai.


2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Je vais tenter patiemment, lentement, profondément d'arrêter en moi ce monde...
Et c'est peut-être là que réside le secret. Avec la mort de la métaphore vient la mort des personnages.
Quant à la tension de l'esprit dont il doit user, je me demande ce qu'elle peut être, sinon le désir.
(la lumière) s'épuise sur le paysage, ne parvient plus à rien faire.