Diégèse  samedi 19 février 2011



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2011




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Pour être un grand homme, il faut savoir profiter de toute sa fortune.
François de La Rochefoucauld - Maximes -
Ce qui s'écrit
Gustav
Je peux imaginer que je ne supportais pas tous les personnages que je devais jouer. Jouer les imbéciles ne me dérangeait pas. J'y prenais plaisir, trouvant des traits d'esprit à leur simplicité. Jouer les puissants ne me faisait pas peur, y puisant de la fragilité. Je n'aimais pas jouer les amoureux. Je ne m'y trouvais aucun talent.
"La chance appartient à tout le monde" revendique la Française des jeux, maniant ainsi l'ellipse. Mais l'ellipse n'est que verbale puisque l'image et les propos du personnage donnent la suite du slogan, qui est bien : même aux abrutis.
La critique de la violence symbolique qui est faite aux consommateurs, les incitant à l'une des pires pratiques addictives, tout en précisant qu'on les prend pour des imbéciles, serait ici certainement trop facile. Mais il faut la faire cependant, et dénoncer la vision d'un monde où le pauvre reste pauvre même avec de l'argent. Bien sûr, l'effet recherché n'est pas celui-là. Le consommateur est prié d'ajouter, après le "il y a une justice quand même'" du personnage, sa propre réplique qui serait de crier à l'injustice qu'un pareil abruti ait pu gagner autant d'argent pour le dépenser aussi bêtement. Sauf que cela ne tient pas car le personnage n'est pas vraiment antipathique et la maison est vraiment belle. Il doit faire envie car le consommateur doit pouvoir se reconnaître en lui... mais pas trop, et la manipulation méprisante est justement dans ce "mais pas trop".
C'est sans doute pourquoi on peut entendre le ton de la voix féminine qui susurre "Française des jeux" comme celui de l'excuse, voire de la honte.
Mais qu'est-ce que le personnage a gagné ?
C'est évident. Désormais, il en a deux.
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Je suis seul, n'est-ce pas ?
C'est à dire que l'image est une image projetée. Cependant, l'intuition doit sans doute dialoguer avec le souvenir...













2010









Si, avec Barthes, je retiens que la "conversation générale" est "toujours un champ intense de censure", je regarde autrement les "informations", les "nouvelles", les "brèves", les "dépêches" dont le rôle n'est jamais rien d'autre que d'alimenter les conversations générales. Quel autre rôle pourrait avoir toute l'industrie de cette information générale qui nous déverse des récits fantasmatiques de faits grands et menus qui donnent ensuite "quelque chose à dire" ? Et si la conversation générale est "un champ intense de censure", alors l'information générale nourrit cette censure et comment mieux nourrir la censure de la conversation que par l'autocensure et la manipulation ?