Diégèse  mardi 22 février 2011



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Il ne sert de rien d'être jeune sans être belle, ni d'être belle sans être jeune.
François de La Rochefoucauld - Maximes -
Ce qui s'écrit
Noëmie
Je suis seule et je ne sais plus quel âge j'ai. Je regarde les images de la ville et les images ne me disent rien de mon âge et me font osciller en un désespoir particulier et le désespoir désespéré. Alors je ne regarde plus les images.





Par nature, la publicité est mensongère, puisque pour susciter l'achat, elle doit mettre en scène le manque et que jamais l'achat ne pourra, par essence, combler ce manque. Ainsi l'astuce consiste parfois à mettre en scène ce mensonge originel, jusqu'à mettre en scène la cruauté de la condition humaine-même.
C'est cela qui est en jeu dans ce film publicitaire pour des vitamines, qui propose de "se sentir jeune de nouveau". Mais il ne s'agit que de sensations supposées et non d'être de nouveau jeune. Le personnage féminin qui dénonce la supercherie est justement celle qui perd à ce jeu en annonçant : "je n'ai rien". Et dans cette confusion commune de la société de consommation entre l'être et l'avoir, ce "je n'ai rien" sonne comme "je ne suis rien", tant elle est d'ailleurs réduite à l'objet du fantasme des autres personnages. Dès lors, qui est l'homme noir habillé en blanc qui vient révéler la supercherie, et par là-même la sauver de sa réification, sinon l'archange de la mort ?
Et puis, à mieux y regarder, ça ne colle pas. Aucune chance que les personnages vieux aient été comme cela plus jeunes. Il suffit de remarquer la musculature du vieil homme de droite et de la comparer à celle de celui qu'il est supposé avoir été plus jeune. Peu de chance que les trentenaires libidineux du début deviennent les vieillards de la fin. La scène est ainsi doublement factice.
Dans ce cas, de mensongère, la publicité devient éhontément cynique : "achetez mes pilules, vous mourrez cependant, et dans une déchéance insensée", dit le film, "et aussi dans la luxure". Le film rejoint alors des références littéraires obligées telles que le "Portrait de Dorian Gray" d'Oscar Wilde ou "la Peau de chagrin" d'Honoré de Balzac. Ce que vend ce film, c'est du désespoir. Curieux qu'il faille encore payer pour cela.
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Je suis seule.
Et quand bien même ce serait encore possible. C'est un sourire comme un sourire médiatique.




Comment brûler toujours ?









2010









... un genre littéraire inusité, désormais inusité, désormais forclos qui serait la prophétie.