Diégèse  samedi premier janvier 2011



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2011




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Le plus grand effort de l'amitié n'est pas de montrer nos défauts à un ami ; c'est de lui faire voir les siens.

François de La Rochefoucauld - Maximes
Ce qui s'écrit
Daniel
Ce que j'aime chez les moralistes de tous les siècles, ce n'est justement pas la morale, ni même la forme d'enseignement que pourraient recéler les sentences qu'ils ont égrenées. Ce que j'aime d'abord, c'est qu'elles sont brèves et que cette brièveté suggère une densité qui, peut-être n'est que d'apparence.
Mais ce que j'aime surtout, c'est leur puissance dramatique, c'est à dire théâtrale ou romanesque. Ainsi, cette maxime de La Rochefoucauld sur "le plus grand effort de l'amitié" est au choix un épisode d'une série télévisée, un film, un roman, voire une pièce de théâtre. C'est un concentré. La maxime est à la littérature cette forme de conditionnement des objets encombrants que l'on achète plat et dense et qui, brusquement ou plus lentement se déploient et deviennent couettes ou oreillers.



© AFP
Ce que j'aime dans cette photographie de Battista arrêté en mars 2007 à Brasilia, c'est exactement ce que j'aime dans les maximes : sa densité dramatique qui instaure Battista en personnage et par là en héros. Mais c'est aussi que l'image correspond à la légende médiatique de Battista dans l'économie de sa propre notoriété : la fierté hâve et presque fiévreuse d'une beauté de saint ou de martyr. Il y a donc un aller-retour entre l'image et le fantasme de l'image, l'imaginaire. C'est ce même aller-retour qui produit le romanesque et qui fait la lecture.
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Je vais ainsi pouvoir plus facilement retrouver ce qui déclenche la nostalgie, qui n'est jamais un souvenir, qui n'est jamais un paysage, mais parfois le léger bruit du vent, avant même qu'il soit perçu.

Je commence un texte.
Et quand je pense à toi.
Je ne sais pas bien ce que je laisse derrière moi...










2010