Diégèse  dimanche 2 janvier 2011



ce travail est commencé depuis 4020 jours et son auteur est en vie depuis 18473 jours (72 x 13 x 29 jours)
2011




hier
L'atelier du texte demain




Ceux qu'on condamne au supplice affectent quelquefois une constance et un mépris de la mort qui n'est en effet que la crainte de l'envisager. De sorte qu'on peut dire que cette constance et ce mépris sont à leur esprit ce que le bandeau est à leurs yeux.
François de La Rochefoucauld - Maximes
Ce qui s'écrit
Mathieu
Quand La Rochefoucauld évoque le supplice de la peine de mort, il ne s'agit plus alors des vanités des jours mais d'une sorte de métaphysique de l'urgence, d'un sauvetage. Lorsqu'il suggère que le sang froid du condamné puisse être une forme de déni, il n'enlève pourtant au condamné rien de sa dignité ni même à la solennité de la scène. Car il s'agit bien d'une scène, qu'il suffit d'un mot pour mettre en place, et ce mot, c'est "bandeau". Alors, il y a ce condamné à mort trop fier, ce bandeau peut-être refusé et l'horreur d'une sentence absurde.



C'est cette photo qui est le plus souvent utilisée par les comités de défense de Madame Sakineh Ashtiani, condamnée à mort par lapidation en Iran. Elle ressemble à la photo d'une pièce d'identité. Le visage de Madame Ashtiani y paraît plus jeune qu'il ne l'est dans ses récentes apparitions télévisées. Le visage est lissé par la surexposition ou la retouche. Le visage est beau. Les lèvres sont sensuelles. Les yeux mystérieux. Il y a bien dans cette photo une part du fantasme occidental de la femme orientale, paradigme de l'image mythologique de la femme dans nos sociétés, qui est mère et putain, dans une oscillation de la folie des mâles.
Mais Sakineh réactive le mythe particulier de la femme adultère, synthèse particulière de la mère et de la putain, qui mérite la mort par lapidation comme on jette des pierres aux démons, comme on tue de loin l'être trop impur afin qu'il ne puisse être touché même pour son exécution. C'est bien à propos de la femme adultère que Jésus dans les Évangiles renvoie les lapidateurs à leur propre péché : que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre.
Ainsi, cette photographie de Sakineh renvoie davantage au mythe qu'à la personne d'une femme de plus de quarante ans, éprouvée par la détention. Ainsi, et quelle que soit la justesse de la cause, c'est bien une image de propagande.
2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000

Je ne vais pas jouer avec vous à ce jeu-là. Je ne suis pas là pour ça.
Je commence un texte et je commence des images.

Les veines de leur cou dessinent l'émotion des méandres du Tage...











2010









De la catastrophe, ce qui intéresse, très vite, toujours, les journalistes et leurs lecteurs, est de connaître les éléments de prédictibilité de la catastrophe, ces signes épars qui existaient et qui auraient pu être analysés et auraient donc permis le prophétisme.