Diégèse  jeudi 5 mai 2011



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2011




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La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font de mal.
François de La Rochefoucauld - Maximes -
Ce qui s'écrit
Gustav
Je ne saurais plus jouer une seule des scènes répétées. C'était avant, quand la représentation était possible et que le réel résistait. Quand l'idée même de réel s'est effritée puis est tombée, je n'ai plus eu la capacité de produire de formes.



La diffusion des films publicitaires sur l'internet modifie les stratégies de communication des agences et des marques sans cependant modifier la forme de ces films, confirmant ainsi qu'il s'agit bien d'un genre. Dans ce film publicitaire, d'une série de trois, le nom de la marque ne sera pas prononcé par les personnages, ni le produit montré avant l'écran final. La stratégie est bien de provoquer un "buzz" par... la provocation. Le tableau de Courbet intitulé "L'Origine du monde" a récemment été censuré par le site Facebook pour pornographie, relançant un débat que l'on croyait clos depuis plus d'une centaine d'années.
Mais qui est ce petit homme qui regarde sous les jupes des filles ?  Il est la marque, par approximation phonétique entre "rocher" et "Roger". La promotion de "mini rochers" se fera par un "petit Roger", double miniature d'un "grand Roger" qui sera surtout un "gros Roger". Aujourd'hui, en France, car Roger Moore et Roger Federer ne sont pas concernés, le "Roger" est ridicule. Il y a quelques années, le "Roger" aurait été représenté sous les traits d'un ouvrier gouailleur. Les marques du personnage sont ici celles de la bourgeoisie de l'Ouest parisien : la coupe de cheveux, le gilet coloré et surtout le timbre de la voix, évoquant Versailles, sur un double menton très capétien de la dernière période.
Dès lors, qui est ce "Roger" ? Il n'est pas le client, car, le film, à l'évidence, ne demande pas que le spectateur s'identifie au personnage. Au contraire. Le chocolat ferait grossir : le personnage est bouffi et ridicule. Le film ne recherche pas la clientèle féminine, réputée aimer le chocolat. L'idée d'un petit homme regardant sous ses jupes quand on n'a pas de culotte doit être désagréable.
En fait le film repose sur une technique qui serait "l'assertion négative". Le réalisateur prend tous les standards publicitaires et les renverse, pensant ainsi produire une forme paradoxale propre à créer un "buzz".
L'ennui est que cela ne fonctionne pas.
L'usage de l'humour et de l'absurde est toujours risqué car le déplacement sémantique et sémiotique provoqué révèle souvent les valeurs sous-jacentes du message. L'humour par retournement est particulièrement risqué car l'envers de la grossièreté demeure grossier. Ce que révèle surtout ce film, c'est le rapport entre la publicité et l'art. La nécessité de provoquer un acte d'achat qui se déroule par nature hors du récit fait que le réel est affirmé comme primant sur sa représentation. L'art ne revendique pas cela, proposant une forme qui n'exige pas que l'on sorte de son propre récit. Il y a cependant une autre forme de film qui sert de support à un passage à l'acte : c'est le film pornographique. Ce que montre ce film publicitaire, avec talent, c'est le caractère pornographique de la publicité, non d'un point de vue moral, mais d'un point de vue formel.
Ainsi, qui est ce "Roger" affublé de son "mini Roger" ? Le publicitaire. Le film ne cherchant pas l'adhésion du spectateur se retourne et montre son auteur.
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J'ai accepté cette aventure... J'aurais voulu partir aujourd'hui...

Sur la scène il n'y a rien.














2010









Je retiens que le texte est sujet au désenchantement comme peuvent l'être aussi les personnages du texte.