Diégèse  samedi 11 août 2012



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Ce qui s'écrit
Gustav
Si j'en crois les journaux, quand j'étais comédien, on m'accordait du talent. C'était une autre époque, pour moi comme pour le talent, pour l'idée même de talent, comme si, alors, on croyait encore à la fiction comme ailleurs possible d'un ici impossible. Ce talent pouvait s'exprimer là où il se passerait quelque chose qui pourrait être raconté, qui entrerait dans un certain ordre de la fiction. Aujourd'hui, tout est devenu fiction et dans certaines villes côtières, on met de la musique dans les rues pour qu'elles ressemblent encore davantage à des épisodes sans intérêt de feuilletons fades.

Daniel
Il en va de même pour la littérature qui, pour une bonne part de sa production, est devenue le produit dérivé d'images standardisées vendues pour meubler d'immenses espaces d'images animées racontant des histoires aussi ténues que possible. Il n'y a que la vie, la vie qui échappe à la littérature, toujours à la littérature, la vie, la vie infiniment calme, de ce calme qui irrite les paupières, qui les alourdit, qui les rend soudain si pesantes comme dans l'enfance. Il n'y a que la vie et le sommeil.

Mathieu
Il faudrait pouvoir être dans la vie sans cependant être dans une fiction, serait-ce une auto-fiction. Je pourrais aussi m'éloigner des chemins déjà pris et ne plus retourner jamais dans les villes de mes souvenirs perdus. Sans souvenirs, je serais sans récits et sans récits, la vie serait plus proche, comme un ensemble de sensations non nommées.

Noëmie
Je pense que vous avez oublié que nous sommes à Paris, et que nous ne nous souvenons de rien. Paris est emplie de lieux sans mémoires et donc sans récits. J'ai traversé le périphérique à la tombée de la nuit pour me promener dans les rues de Malakoff, endormie entre ses pavillons dociles, se donnant des airs chics.
Plusieurs fois, je suis rentrée à pied. Je ne racontais rien. Rien ne racontait rien.

2009 2008 2007 2006 2005 2004 2003 2002 2001 2000
Je pourrais aussi m'éloigner des chemins déjà pris et ne plus retourner jamais dans les villes de mes souvenirs perdus. Nous sommes à Paris, donc nous ne nous souvenons de rien.
Il n'y a que la vie, la vie qui échappe à la littérature, toujours à la littérature, la vie, la vie infiniment calme, de ce calme qui irrite les paupières, qui les alourdit, qui les rend soudain si pesantes comme dans l'enfance...


J'ai traversé le périphérique à la tombée de la nuit pour me promener dans les rues de Malakoff, endormie entre ses pavillons dociles, se donnant des airs chics... Plusieurs fois, je suis rentré à pied...








2011 2010








Si j'en crois les journaux, quand j'étais comédien, on m'accordait du talent. ... là où il se passerait quelque chose qui pourrait être raconté, qui entrerait dans un certain ordre de la fiction...